‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 365 sur 511 · ARMEMENT ET ÉQUIPEMENT DES GARDES NATIONALES · texte numérisé non relu

ARMEMENT ET ÉQUIPEMENT DES GARDES NATIONALES

toutefois des exceptions. A Caen, on exempte de la garde les membres du Comité national et de ses bureaux, ceux des comités particuliers des paroisses '), les officiers des troupes royales, les ecclésiastiques, les indigents (2>. La milice de Carentan n'enrôle que les citoyens actifs domiciliés depuis un an ::' ; celle de Cherbourg exclut les ouvriers du port, qui forment une population flottante W.

Les milices nationales furent armées de fusils, de baïonnettes et de piques. Les magasins d'artillerie de Caen, Carentan, Saint - Lô, Cherbourg étaient remplis d'armes que les commissaires des guerres n'avaient point vendues. On avait craint de les voir tomber entre les mains des vagabonds et des braconniers et de contribuer à la renaissance du brigandage qui avait désolé la Normandie avant son désarmement r>l. Sur la demande des Comités locaux, les ducs d'Harcourt et de Beuvron firent expédier aux milices urbaines des armes tirées de ces divers dépôts G'. En peu de temps, toute la Normandie, désarmée depuis 1766, se retrouva en armes. Dans les villes comme Caen, Cherbourg, les miliciens eurent des fusils, des baïonnettes et des piques. On répara les vieilles armes qui étaient déposées au château de Caen avant de les donner aux gardes nationaux. Ceux de Cherbourg, trouvant leurs fusils trop lourds, en firent raccourcir les canons de quatre pouces. Les officiers portaient l'épée ; les sergents le mousqueton et le sabre en beaudrier. Dans les campagnes, les gardes nationales s'armaient comme elles le pouvaient ; les fourches se mêlaient aux fusils dans leurs rangs et leur donnaient parfois le caractère de bandes farouches <7).

(1) Arch. comm., Caen, BB 93. Registre des délibérations. — Toutefois, le 11 décembre 1789, le Comité national de Caen, afin d'arrêter par son exemple le relâchement de la garde nationale, déclare que ses membres seront astreints au service de cette garde.

(2) Ibid., BB 93, 23 juillet 1789. Quant aux ouvriers et particuliers peu fortunés, que l'amour de la patrie porterait à se faire inscrire, leurs noms seront pris, mais pour ne servir que comme auxiliaires dans les cas urgents.

(3) Règlement du 17 décembre 1789. Ibid,, Carentan. Registre des délibérations.

(4) Règlement du 4 novembre 1789. Ibid., Cherbourg, BB 5.

(5) Lettre de l'intendant Esmangart au secrétaire d'Etat de la guerre, 17 février

(6) Etat général des armes et munitions qui ont été délivrées du lor juillet au 1er octobre 1789 par le magasin d'artillerie de Saint-Lô ; au total, délivrance de 4,111 fusils. Ibid., Eure, série E suppl., non inventoriée. Chartrier du Champ de Bataille.— Remise de munitions aux milices de Cherbourg, Saint-Sauveur-le-Vicomte et Valognes, par le magasin de Cherbourg. Arch. comm., Cherbourg, EE69.— Ibid., Caen< BB 93.

(7) Ibid., Caen, BB 93. A Cairon, une compagnie de volontaires s'arme de «bonnes

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D'uniforme, il ne pouvait guère en être question au début. La cocarde tricolore, signe du ralliement à la nation, était la seule marque distinctive des soldats citoyens. Toutefois, l'usage d'un habillement spécial s'établit bientôt. Des galons cousus sur les manches désignèrent les grades ; le hausse-col fut obligatoire pour l'officier de service'1'. A Caen, un uniforme fut adopté : « habit bleu de roi, collet et revers blancs, passepoil de même couleur, parement coupé et passepoil blanc, doublure assortie à l'assemblée (sic), boutons blancs plats et unis, épaulettes d'argent suivant le grade, gilet et culottes blanc, chapeau uni, cocarde trois couleurs ; écharpe jonquille avec frange de soie assortie, pour les officiers seulement ; les sergents auront un galon d'argent sur le parement (2). >>

A la tête des compagnies et de leurs officiers, l'état-major était investi du commandement suprême. Celui de Caen comprenait un colonel, un colonel en second, un major, deux aidesmajors, deux sous-aides-majors et trois porte-drapeau, quatre adjudants, un tambour-major, un chirurgien-major et un aumônier. Partout ailleurs, il était à peu près composé de la même façon. Carentan eut un secrétaire de l'état-major ; Péri ers un trésorier quartier-maître. Les officiers d'état-major, au lieu d'être nommés par le roi ou les officiers municipaux, comme l'étaient les officiers supérieurs des anciennes milices bourgeoises, durent leur pouvoir à l'élection. Le corps municipal de Carentan abdiqua son droit de nomination pour soumettre la composition de l'état-major au choix de la bourgeoisie (;î). A Cherbourg, tandis que les officiers des compagnies étaient élus au scrutin par les gardes nationaux de leur quartier, en présence des officiersmunicipaux qui leur délivraient un brevet spécial M, ceux de l'état-major furent élus dans la même forme que les officiers municipaux, par l'assemblée générale des députés des corps et corporations (5).

fourches à gerbes ■> et demande quelques armes à feu pour ceux qui sauront s'en servir le plus habilement.

(1) Règlement concernant la milice nationale, titre IV, 1 novembre 17S1*. Arch. comm., Cherbourg, BBf>.

(2) Etat constitutionnel de la milice nationale, 7 août 1781). Ibi<L, Caen, BR93.

(3) Ibid., Carentan. Registre des délibérations, 2-1 juillet 1789.

(4i lhul., Cherbourg, EE 71. Plusieurs exemplaires de ces brevets commencent par cette formule : « Sur le bon et louable choix qui a été fait, par tous les citoyens du quartier, de X..., à cause de ses vertus civiques, qualités distinguées et preuves signalées de patriotisme, etc. >>

(5) Règlement du 4 novembre 1789, titre II. Ibid., BBS. — A Baveux, « en tolérant

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