LES COMPAGNIES DE VOLONTAIRES NATIONAUX
police des halles 'H). A Avranches, au couvent des Capucins, trois compagnies de « chasseurs volontaires auxiliaires de la milice nationale », constituant un corps distinct avec ses chefs élus, s'engagent à « réprimer les désordres du dedans et du dehors » (•*. Cet exemple est imité par le bourg voisin de Ducey qui, le 30 août, ajoute une compagnie de chasseurs à ses trois compagnies de milice (:i]. Le 26 juillet, Carentan établit une compagnie de canonniers volontaires pour le service de l'artillerie (4). Le 7 août, huit citoyens, députés des volontaires nationaux de Cherbourg demandent aux officiers municipaux de cette ville l'autorisation de « se former en compagnies pour faire le service de la place, concuremment avec la troupe nationale ». L'hôtel de ville, s'en rapportant à leur prudence et à leur patriotisme, approuve leur demande. Trois compagnies nouvelles sont créées avec un commandant particulier, mais elles restent subordonnées au commandant général de la garde nationale. Ne peuvent en faire en faire partie que les personnes habitant Cherbourg accidentellement : les citoyens domiciliés doivent entrer dans la garde nationale (5). Granville est aussi dotée d'un corps de volontaires nationaux, sans doute des ouvriers du port, qui mettent à leur tête l'armateur Perrée (6). Toutes ces troupes auxiliaires, après quelques mois d'existence indépendante, se fondirent dans la garde nationale (7).
En règle générale, le service de la milice est obligatoire pour tous les citoyens. Aux enrôlements enthousiastes des premiers jours succède la conscription forcée <*\ Les habitants domiciliés y sonl astreints, à Caen et à Granville de 18 à 60 ans ; à Bayeux de 16 à 60 ans ; à Cherbourg de 16 à 55 ans. Ce régime souffre
(1) Arch. comm., Caen, BB 93, 30 juillet 1789.
(2) Ibid., Avranches. Registre des délibérations, 24 août 1789.
(3) Ibid., Ducey. Registre des délibérations, 30 août 1789.
(4) Ibid., Carentan. Registre des délibérations, 26 juillet 1789.
(5 Ibid., Cherbourg, BB r>. Registre des délibérations, 7 et 9 août 1789. Ce fut peutêtre un moyen d'enrôler dans une organisation bien disciplinée les nombreux étrangers employés aux travaux du port. Boulabert et Noël, entrepreneurs des travaux du roi, y enrégimentent leurs ouvriers.
(6) Ibid., Granville. Registre des délibérations, 23 février 1790. 7 Ce ne fut qu'en juillet 1790 que les volontaires nationaux de Granville firent la remise solennelle de leur drapeau, et repassèrent dans les rangs de la garde nationale.
(8) Ibid., Caen, BB 93, Registre des délibérations. Le 26 août 1789. le Comité, pour apaiser les plaintes des paroissiens de Notre-Dame contre cette conscription, leur rappelle qu'elle est une nécessité, que les circonslances l'imposent et qu'elle cessera avec les causes qui l'ont fait naître.