‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 367 sur 511 · PRESTATION DE SERMENT DES GARDES NATIONALES · texte numérisé non relu

PRESTATION DE SERMENT DES GARDES NATIONALES

d'Orléans généralissime, le comte de Beaujolais, son jeune fils, général, le comte de La Touche, son chancelier et surintendant, premier colonel d'honneur et de Limon, son contrôleur général, colonel d'honneur en second ' .

Formées « par le seul effet de la bonne volonté des citoyens », les gardes nationales s'étaient 'donné pour mission de veiller au maintien de la constitution, à la perception des impôts et à la sûreté publique et individuelle. Elles furent le bras du nouveau corps politique dont les Comités permanents étaient la tête. Conformément au décret du 10 août, elles avaient prêté, avec les troupes de garnison et la maréchaussée, le serment d'obéissance aux lois, de fidélité à la nation et au roi. Le 23 août, à Vire, la place du Château avait été le rendez-vous des troupes. Le même jour, à Cherbourg, dans la plaine située entre l'arrière-bassin et le Cauchin, avait été dressé un autel de la Patrie. A Caen, la place Royale avait servi de cadre à la cérémonie. Carentan le 6 septembre, Avranehes le 11 octobre, Périers le 22 novembre avaient rempli avec le même éclat les mêmes formalités. Partout la prestation de serment avait été solennelle et avait donné lieu à des fêtes civiles et militaires, véritables prémices des fêtes de la Fédération.

Le serment était prêté par ces troupes en présence des oificiers municipaux et des Comités locaux : c'était comme un hommage lige des défenseurs armés du pays aux autorités civiles. Ce furent en général des rapports de subordination qui unirent les gardes nationales aux Comités ; les chefs des premières étaient presque partout membres des seconds et associés à l'administration municipale. Deux villes cependant furent le théâtre d'assez graves dissentiments entre milices et Comités. A Cherbourg, où le Comité municipal et national voulait exclure de son sein les officiers de la garde nationale, la milice exhala son mécontentement dans un mémoire d'allure révolutionnaire ; elle y revendiqua le droit de prendre part à la gestion des affaires, se déclara « le seul corps constitutionnellement établi » dans la ville et proféra des menaces à l'adresse du Comité f). Le règlement du 6 octobre 1789 ne lui

(1) Arch. comm., Tinchchrai. Registre des délibérations, 8 et 9 novembre 1789.

(2) Mémoire sur la reconstitution du Corps municipal de Cherbourg, imprimé, 10 p., s. 1. n. d. Bibl. comm., Cherbourg. « La milice nationale, qui est la nation, ne peut être exclue d'un corps municipal... Elle se confond dans les corporations et c'est le seul motif qui la dispense de demander une représenlation particulière. Mais s'il arrivait, un jour que, par la difficulté d'assembler les corporations, l'aristocratie menaçai de s'établir dans le corps municipal, alors, comme elle veille sans cesse

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