‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 370 sur 511 · CONFÉDÉRATIONS DE VILLES ET DE PAROISSES · texte numérisé non relu

CONFÉDÉRATIONS DE VILLES ET DE PAROISSES

rurales au régime de 1787 (*). Un de ses arrêtés interdit aux paroisses « de sonner les cloches pour aucune assemblée sans son autorisation, signée d'au moins douze membres » (2). En un mot, il régente les campagnes et légifère pour tout le district (3).

Affolés par la peur des brigands, villes et villages, pour se soustraire aux dangers de l'isolement où les laisse l'inaction du pouvoir exécutif, se groupent autour du centre urbain le plus voisin, forment des « alliances défensives » W, des « associations de paroisses » (5), des « Confédérations » (6). La plus importante est celle de Condé-sur-Noireau, qui réunit quarante-cinq paroisses du Bocage dans une association de secours mutuels contre « les perturbateurs de l'ordre public » (7). Le Comité général de « l'arrondissement de Condé » composé de douze membres, est une sorte de directoire de police préposé à la défense d'une circonscription nouvelle, que la libre adhésion des citoyens a formée.

Quoique d'origine révolutionnaire, fils de la disette et de la panique, les Comités permanents ne furent pas des insurgés. La cocarde qu'ils arborèrent était « le symbole de leur fidélité au roi et de leur amour pour la patrie » (8). Loin de se révolter contre les autorités établies, ils voulurent suppléer à leur impuissance, pour le maintien de l'ordre et de la sécurité publique. C'est la

(1) Arch. comra., Caen, BB 93, 11 septembre 1789.

(2) Ibid., 12 septembre 1789.

(3) L'évêque constitutionnel Bisson signale cette mainmise des Comités urbains sur les campagnes : « Pour les campagnes, écrit-il, elles furent abandonnées à ellesmêmes et dans quelques cantons les villes, et même les bourgs, étendirent sur elles leur domination. » Mémoires, fol. 81. — Cette domination parut parfois assez lourde pour les campagnes, témoin cette lettre adressée le 4 février 1790 par Aveline, syndic de Caumont, à l'Assemblée nationale : « Il est du plus grand intérêt qu'on voie disparaître au plus tôt l'esprit de parti qui divise les villes et les campagnes, et que ces dernières ne soient pas la proie des premières, qui possèdent ou plutôt qui s'attribuent exclusivement le peu de pouvoir qui reste encore à la force administrative. » Arch. nat., D vi 24. — Cf. la plainte de Couvrechef, laboureur de Saint-Martin-de- Fontenay, el consorts, contre la « tyrannie » du Comité de Caen. Ibid., D xxjx 4.

(4) Arch. comm., Tinchebrai, BB 1. Registre des délibérations, 16 août 1789. Formation, avec les paroisses voisines, d'une « alliance défensive envers et contre tour, les malintentionnés ». — Affiliation de Moncy, Monsecret, Clairefougères, Cerisy- Belle-Etoile, 22 août ; de Vassy, le 25 août.

(5) Ibid., Caen, BB 93, f° 94 (septembre 1789). Ordonnance du Comité de Caen sur le service de la patrouille à Saint-Manvieu, mentionnant une « association de paroisses » régie par ce Comité.

(6) Ibid., Torigni, D 36. Registre des délibérations, 3 octobre 1789. Allusion à une confédération patriotique dont Vire est le chef-lieu ; Torigni accepte d'en faire partie.

(7) Procès-verbal de la formation de la confédération de Condé-sur-Noireau. 26 août 1789. Càen, imp. Chalopin, 1789. Arch. nat., D ivbis 21.

(8) Arch. comm., Caen, BB 93, 23 juillet 1789.

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