‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 371 sur 511 · LES COMITÉS PERMANENTS ET L'ASSEMBLEE NATIONALE · texte numérisé non relu

LES COMITÉS PERMANENTS ET L'ASSEMBLEE NATIONALE

conclusion qui se dégage, pour la plupart des Comités de Basse- Normandie, d'une rapide étude de leurs relations avec les divers pouvoirs existant en 1789.

Leur fidélité au régime monarchique est incontestable et nul d'entre eux, dans ses protestations de dévouement à la chose publique, ne sépare le roi de la nation. L'Assemblée nationale est le centre vers lequel se tournent tous leurs regards, vers lequel convergent toutes leurs espérances. Ils versent sur son bureau une pluie d'adresses, où ils bénissent son œuvre et louent à l'envi ses bienfaits. « Vos vertus courageuses, lui écrit le Comité de Périers, « vos lumières et votre infatigable zèle ont enfin rétabli dans « ses droits naturels et inaliénables une nation brave et géné- « reuse dont l'amour de la liberté a fait autrefois le caractère « distinctif . . . Le bonheur des générations futures sera votre « ouvrage et la reconnaissance le premier de leurs devoirs » G). Ces éloges enthousiastes ne sont pas d'ailleurs complètement désintéressés. Plus d'un Comité est travaillé par des convoitises qu'il appartient à l'Assemblée de satisfaire, et compte obtenir sa bonne part dans la future distribution des évêchés, des juridictions et des chefs-lieux administratifs. Par leur incessante correspondance avec les députés de leurs bailliages, qui sont leurs avocats naturels auprès de l'Assemblée nationale, les Comités restent en contact avec celle-ci W ; mais, aux moments critiques, ils délèguent à grands frais vers elle, comme un puissant renfort, des envoyés extraordinaires, munis de pleins pouvoirs, pour la défense de leurs intérêts ou le soutien de leurs prétentions (3). Ils se font, dans leurs ressorts, les fidèles exécuteurs de ses décrets et ils attendent d'elle, en vue du retour si impatiemment désiré de l'ordre public, l'organisation du régime municipal, la réforme administrative, l'établissement d'une Constitution.

(1) Adresse du Comité, national, 25 août 1789. Arch. comm., Périers. Registre des délibérations. Cf. Arch. nat., C 92, 76. — Sur les adresses des Comités de nombreuses villes de la généralité de Caen envoyées à l'Assemblée nationale pendant la seconde moitié de 1789 (adresses de Caen, Granville, Torigni, Coutances, Carentan, Saint-Lô, Saint-Sauveur-Lendelin, Cherbourg, Vire, Tinchebrai), voir, dans la Notice bibliographique ci-dessus, les indications précises qui figurent sous la rubrique : Archives Nationales, série C 88 à 101.

(2) Les registres de correspondance conservés aux Arch. comm. de Caen, Baveux, Vire, Granville et les registres de délibérations d'Avranches et de Mortain contiennent de nombreuses lettres des Comités de ces villes aux députés des bailliages de Caen et de Cotentin : Caen correspond avec Lamy et de Cussy ; Bayeux, avec Wimpfen et Delauney ; Vire, avec Flaust ; Granville, avec Perrée-Duhamel >' Avranches, avec Burdelot.

(3) Voir ci-dessous, chap, XV, le détail de ces négociations.

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