‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 387 sur 511 · CONDITION SOCIALE DES ELUS DANS LES VILLES · texte numérisé non relu

CONDITION SOCIALE DES ELUS DANS LES VILLES

officiers municipaux parmi les partisans des réformes prudentes, imbus des idées de la majorité de l'Assemblée constituante. A Caen, ce fut le comte de Vendœuvre qui fut élu maire en remplacement de Cagny, par 881 voix sur 1142. Il avait assez longtemps exercé cette charge par nomination royale dans les dernières années de l'ancien Régime ; il avait été membre de l'Assemblée des notables, puis de l'Assemblée provinciale de Caen et président du département de Falaise-Domfront ; pendant la crise de juillet 1789, il avait été au premier rang des organisateurs du Comité permanent. Le procureur de la commune, l'avocat Le Goupil Duclos, nommé par 818 voix, était membre du bureau intermédiaire de Caen et ancien président du Comité. Parmi les officiers municipaux se trouvaient des ecclésiastiques, comme l'abbé Méry de Berthenonville, curé de Notre-Dame, des nobles, comme le comte d'Angerville, des gens de robe, comme Biot, Roussel de la Bérardière, Paisant, Picard de Prébois, des négociants, comme Massieu, Chatry Lafosse, Signard d'Ouffières, ces deux derniers ex-présidents du Comité permanent. Si la municipalité comptait « quelques personnes dans le sens de la Révolution, elles étaient contenues par le plus grand nombre qui voulait la paix » (]). Carentan donna la mairie à un écuyer, Lemaignen, syndic noble de l'Assemblée du département et lui adjoignit comme officiers municipaux Caillemer, bailli de Coigny et Hervieu de Pont-Louis, membre de la Commission intermédiaire de Caen. Torigni choisit comme maire et comme procureur de la commune deux avocats, Cauchard de Chambert et Heudeline. A Coutances, la mairie élective demeura à l'ancien maire de nomination royale, Frémin de Beaumont, membre de l'Assemblée provinciale de Caen et futur procureur général syndic du département de la Manche ; ses collaborateurs furent le lieutenant général de police, des avocats, des marchands et le curé de Saint-Pierre. La ville de Cherbourg avait à sa tête, depuis l'émeute de juillet et le départ précipité de Garantot, le chevalier de Gassé. Il était retenu à Paris, où il plaidait auprès de l'Assemblée les intérêts de sa ville : on le réélut en son absence, au premier tour de scrutin. On lui adjoignit pour officiers municipaux les anciens échevins, des entrepreneurs, des négociants. Au rang des notables figurèrent le curé de Notre-Dame et un professeur d'hydrographie. A Granville, 110 suffrages sur 198 votants

(1) Esnaull, Mémoires de la ville de Caen, t. I, p. 23.

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