‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 392 sur 511 · UNE ADRESSE RUSTIQUE A L-ASSEMBLÉE NATIONALE · texte numérisé non relu

UNE ADRESSE RUSTIQUE A L-ASSEMBLÉE NATIONALE

doivent cette Révolution qui leur a donné la liberté (*). Leurs enfants « apprennent à graver, sur les outils ruraux, bêches, râteaux, houlettes, à tracer le long des chemins les noms des présidents de l'Assemblée nationale ; celui du Roi sera gravé sur les charrues » (2).

L'organisation municipale des communes de la généralité de Caen était à peine achevée, lorsqu'au début d'avril 1790, celle-ci vit commencer les opérations qui devaient aboutir à son démembrement et à sa disparition. Dans la pensée de l'Assemblée nationale, la loi qui régularisait les institutions municipales était la préface d'une réforme générale, qui devait modifier profondément la carte administrative du royaume. En condamnant les intendants et leurs suppôts, la Constituante voulut effacer jusqu'au souvenir des circonscriptions que ceux-ci avaient régies ; elle abolit les divisions administratives existantes : arrondissement, élection ou département, intendance ou généralité ; elle les remplaça par d'autres divisions, plus nombreuses et mieux équilibrées : cantons, districts et départements. La réalisation de cette réforme, qui demanda de longs mois, devait comprendre deux phases successives : la phase législative qui, de novembre 1789 à mars 1790, fut consacrée à la délimitation et à la division des départements ; la phase executive, pendant laquelle s'élabora, d'avril à juillet 1790, sous la haute direction de commissaires royaux, l'organisation du régime administratif nouveau.

(1) Cette conquête leur paraît la plus précieuse de toutes. Ils jurent « de vivre et mourir en hommes libres et d'étendre cette liberté jusqu'aux limites sacrées que prescrit la loi ». Cette adresse, d'un caractère nettement révolutionnaire, se termine par une formule que l'usage répandra : « La liberté ou la mort ! »

(2) Au premier rang des nombreuses signatures qui terminent cette adresse, j'ai relevé le nom de N. Millet. C'est, ù n'en pas douter, l'aïeul du grand peintre de « l'Angélus » et des « Glaneuses ». François Millet, enfant de Gréville, ne devait-il pas, dans son œuvre pacifique, immortaliser les descendants de ces robustes et courageux travailleurs, qui demandaient à leur bêche et à leur charrue la régénération du pay< .'

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