DIVISION DU DEPARTEMENT DE COTENTIN EN SIX DISTRICTS
côtés. Le département d'Alençon lui prit la région d'Athis, Fiers et Tinchebrai. Vers l'ouest, le district de Mortain s'agrandit à ses dépens d'une étroite bande de territoire, de Pontfarcy à Villedieu. A l'est, celui de Falaise empiéta sur la rive gauche de l'Orne. Ces divers remaniements avaient pour but d' « arrondir » les circonscriptions nouvelles, de placer autant que possible le chef -lieu au centre même des districts, « afin de rapprocher les habitants des campagnes de leurs administrateurs » (*).
La division du département de Caen s'était décidée en un jour et sans incident notable (2>. Celle du Cotentin exigea trois semaines de pourparlers et de discussions. Dès la première séance, le 18 décembre, la division éclata entre les députés. L'assemblée comprenait seize membres, par suite de l'absence du baron de Juigné ; l'évêque de Coutances présidait. On mit en avant le chiffre de neuf districts ; dix voix contre six le rejetèrent. Ango, bailli et député de Saint-Sauveur-le-Vicomte, jugeant la partie perdue pour sa ville, quitta la salle des conférences. Après son départ, on proposa huit districts ; ce nombre fut encore écarté par neuf voix contre six. Au troisième scrutin, huit suffrages se prononcèrent pour six districts, six suffrages pour sept et l'on trouva un bulletin blanc. La majorité absolue étant atteinte, le nombre des districts du Cotentin fut fixé à six. Sentant que le sort de leurs cités était compromis, les députés de Périers et de Granville, Pouret Roquerie et Perrée Duhamel firent entendre de vaines protestations. Ils s'abstinrent de voter dans le scrutin relatif à la désignation des chefs-lieux. Les treize suffrages de l'assemblée se réunirent en faveur de Valognes, Carentan, Saint-Lô, Coutances et Avranches. Mortain fut choisi par douze voix seulement, la treizième passa à Cherbourg. On arrêta que les districts seraient faits « de manière à ce que chacun obtînt un territoire à peu près égal et que les avantages fussent équitablement balancés » (3). Guidés par la tradition, les députés du Cotentin attribuèrent la préférence aux anciens sièges d'élection W ; pour ne pas faire de jalouses, ils avaient écarté les préten-
(1) Th. Lindet, Correspondance, p. 12.
(2) Une seule réclamation s'était élevée, « pour que le bourg de Vassy fût joint au département où se trouvent Vire et Coudé ».
(3) Procès-verbal de l'assemblée du département du Cotentin, 18 décembre 1789. Arch. nat, Divbis1, 1. 23.
(4) Dans sa réclamation à l'Assemblée nationale, du 2 janvier 1790, Perréc-Duhamel écrit : « On jeta sur le bureau un plan représentant le département divisé en *ix districts égaux ayant pour chefs-lieux les six viles d'élection. L'apparition