DIVISION DU DÉPARTEMENT DE CAEN EN SIX DISTRICTS
« toutes les autres villes du Cotentin ; elle a triplé depuis six « ans et elle ne peut qu'augmenter encore par la suite. Les vues « du gouvernement sur son port, ses travaux, les dépenses mul- « tipliées dont elle a mérité par sa position d'être l'objet et dont « la nation ne voudra pas laisser perdre le fruit, tout doit lui « assurer à l'avenir un certain degié d'influence à l'administra - « tion (V. »
Tant de convoitises rivales ne pouvaient qu'embarrasser les députés normands. Multiplier les districts pour plaire à la foule des solliciteurs qui « combattaient pro aris et focis » (2), c'eut été augmenter les frais d'administration mis à la charge de chaque département. Ce fut un louable esprit de prudence et d'économie qui dicta leurs décisions. L'Assemblée nationale leur avait laissé la liberté de déterminer le nombre des districts, entre six et neuf ; faisant table rase de la plupart des revendications locales, ils adoptèrent presque partout le chiffre minimum.
Le 18 décembre 1789, la députation du département de Caen adopta sa division en six districts : Caen, Bayeux, Vire, Falaise, Lisieux et Pont-1'Evêque (3). Ces villes étaient toutes d'anciens chefs-lieux d'élection. Isigny et Condé-sur-Noireau virent leurs prétentions rejetées ; la première fut rattachée au district de Bayeux selon son désir et la seconde au district de Vire, sa rivale triomphante. Les nouvelles circonscriptions ne coïncidaient pas rigoureusement avec les anciennes élections. L'élection de Caen perdit le Cinglais, rattaché au district de Falaise ; elle procéda à un échange de paroisses avec celui de Pont-1'Evêque, lui en enlevant trois (4J et lui en cédant dix situées sur la rive gauche de la Dives (5- ; elle abandonnait deux paroisses au district de Vire (6). Celui de Bayeux eut la Seulles pour limite orientale, la Vire, F Elle et la Drôme pour frontière occidentale ; il ne poussa plus de pointe au sud comme l'ancienne élection, la région bocagère ayant été réunie au district de Vire. Agrandi vers le nord par les apports de Bayeux et de Caen, le district de Vire fut entamé des trois autres
(1) Observations présentées au Comité de constitution par M. de Chantereyne, député extraordinaire de Cherbourg, s. d. Arch. nat., Divb,s10, 1. 231. La même pièce imprimée, portant la date du U décembre 1789, se trouve aux Arch. nat., AD xvi 49.
(2) Th. Lindet, Correspondance, p. 51.
(3) Lettre du duc de Coigny, 18 décembre 1789. Arch. nat., Div1)isl, 1.23.
(4) Airan, Cesny-aux-Vignes et Ouézy.
(5) Cantelou, Rupierre, Saint-Pierrc-du-Jonquet, Robehomme, Petitville, Varaville, Cabourg, Le Buisson, Gonnevillc et Merville.
(6) La Rigne et Saint-GeorgCs-d'Aunay.