JANVIER -AOUT
Persistance des troubles causés par la disette et le chômage. Improvisation de secours par les municipalités. Demandes d'assistance à l'Etat. — Agitation populaire dans les villes : l'émeute de Carcntan. Malaise des campagnes : insécurité des propriétés privées et publiques. — Désarroi des finances ; retards dans l'assiette et la perception des impôts ordinaires et de la contribution patriotique ; refus de paiement des aides et octrois ; échec de la mission de Pomiés en Basse-Normandie. — Insubordination des gardes nationales : désertions et soulèvements dans plusieurs villes ; demandes d'organisation générale à l'Assemblée nationale. — Le fanatisme religieux. Attitude révolutionnaire des curés au début de la Révolution. Volte-face amenée par la nationalisation des biens ecclésiastiques et la politique de tolérance religieuse de l'Assemblée constituante. Le clergé agent de la contre-révolution. — Impuissance avouée des municipalités à rétablir l'ordre ; espoirs placés dans la prochaine activité des assemblées administratives.
Il eut été prudent de hâter l'organisation des corps administratifs, car le désordre était à son comble. Pas plus que les autorités anciennes, les municipalités nouvelles ne parvenaient à l'enrayer. Après comme avant l'établissement de celles-ci, la généralité de Caen demeura le théâtre d'une agitation incessante et la proie de l'anarchie. De février à juillet 1790, c'est-à-dire pendant la période de gestation du régime administratif nouveau, les troubles publics y furent aussi fréquents et l'insécurité sociale aussi grande.
La question des subsistances restait toujours aussi angoissante. Dès le 31 octobre 1789, jugeant la récolte de l'année fort médiocre, l'intendant avait prédit la disette des grains U). Ses prévisions se réalisèrent. Le peuple eut à souffrir de la rareté du pain
(1) Lettre do l'intendant de Launay, 31 octobre 1789. Arch; dép.j Calvados. C264CU