‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 438 sur 511 · LES ASSEMBLÉES PRIMAIRES DE LORNE · texte numérisé non relu

LES ASSEMBLÉES PRIMAIRES DE LORNE

furent ajournées au 2 juin, à cause des foires de Brix et de Cherbourg.

Dans les trois cantons du département de l'Orne dont les chefs-lieux appartenaient au ressort de la généralité de Caen, les élections eurent lieu à une date ultérieure. Les électeurs de Fiers se réunirent le 11 juin ; ceux de la Carneille, le 25 juin seulement (!/. Là encore, il y eut plus d'assemblées que de cantons : ceux de Fiers et d'Athis comprenaient deux sections électorales ; celui de Tinchebrai en comptait cinq. Deux communes étaient demeurées sourdes à l'appel des commissaires : Caligny et Saint- Pierre-du-Regard ; elles envoyèrent leurs listes au Calvados et leurs citoyens actifs à l'assemblée de Pontécoulant.

Les opérations électorales s'échelonnèrent ainsi, dans les trois départements, sur deux mois, de fin avril à fin juin 1790. Elles ne furent exemptes ni de confusion, ni de troubles. C'était la première fois qu'on groupait en si grand nombre et sur tant de points les citoyens des campagnes. Les assemblées primaires de 1789, avec leur cadre restreint, la paroisse, constituaient des groupements numériques assez modestes. Les députés ruraux issus de leur choix, qui s'acheminèrent le plus souvent deux par deux vers le chef-lieu du bailliage, y formèrent sans doute des réunions imposantes ; mais les garanties d'ordre pouvaient être facilement assurées dans des centres peu nombreux, qui étaient des sièges de juridiction et des résidences de maréchaussée, et la compétence des gens de loi y put guider sûrement le travail des assemblées. Aussi leurs séances furent-elles calmes et leurs opérations régulières. Pouvait-on attendre autant de tranquillité et de correction du vaste pétitionnement électoral qui, sur le territoire de la généralité de Caen, allait mettre en mouvement plus de cent mille citoyens dans 202 assemblées? N'était-il pas permis de supposer que dans ces réunions improvisées, où les électeurs devaient se compter par centaines '2; où les premiers

(1) Arch. dép., Orne, L388.

(2) 11 serait intéressant de déterminer exactement la valeur de la comparution individuelle des citoyens actifs aux assemblées primaires de 1790. Un si long travail serait déplacé ici. Les documents que j'ai recueillis sur quelques points révèlent d'assez nombreuses abstentions. « Dans les sections de Baveux, écrit le maire de Magny à l'Assemblée nationale, il n'y eut, le second jour de l'élection, presque personne de la campagne. » (Lettre de Comin à l'Assemblée nationale, 29 mai 1790. Arch. nat., D iv 21.) — A l'assemblée des Capucins de Vire, on élut les six électeurs en petit comité, en profitant de l'absence d'un grand nombre de membres qui assistaient à une procession. (Pétition des citoyens de Vire à l'Assemblée nationale, 25 mai 1790. Ibid.) — Les procès-verbaux d'assemblées primaires des cantons d'Athis, Fiers et

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