‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 456 sur 511 · VAINES SOMMATIONS A L INTENDANT CORDIER DE LAUNAY · texte numérisé non relu

VAINES SOMMATIONS A L INTENDANT CORDIER DE LAUNAY

haut avec les liquidateurs ; il chargea Lamy-Desvallées, secrétaire de l'intendance, de négocier avec eux. Le Tableau de son administration M n'était point pour les satisfaire : il y déclarait formellement que les intendants étaient des ordonnateurs et non des comptables et que, n'ayant jamais été chargés d'aucune perception ni maniement de deniers, ils n'étaient passibles d'aucun compte (2). Les Directoires des départements eurent beau réitérer leurs sommations, il les envoya aux calendes. Les commissaires de liquidation et de vérification furent obligés de conclure en arrêtant le procès-verbal de leurs séances &), que « le compte de l'intendant n'étant appuyé d'aucune pièce justificative, n'était susceptible d'aucun contrôle complet et satisfaisant » (4i.

La loi du 3 septembre 1792, qui prescrivait des poursuites contre les ci-devant commissaires départis, ne pouvait plus atteindre Cordier de Launay. Le procureur général syndic du Calvados chercha vainement sa résidence^). Moins maltraité par le sort que ses collègues de Rouen et d'Alençon, de Maussion (6) et Jullien {1), qui périrent sur l'échafaud, et plus heureux que son prédécesseur Fontette, qui, arrêté comme suspect, mourut dans une prison de Rouen, le dernier intendant de Caen avait demandé son salut à l'émigration. Si l'idylle amoureuse dont il

(1) Tableau de l'administration de Cordier de Launay. Arch. dép , Calvados, C 233.

(2) Lettre de Brémesnil, président du conseil général de la Manche, au directoire du Calvados, 10 novembre 1790. Ibid., série L non inventoriée. « M. de Launay, au lieu de rendre les comptes de son administration, comme son devoir lui en imposait l'obligation, n'a fait présenter par ses commis que des bordereauu informes et quelques élats vagues qui ne forment aucun ordre de comptabilité. »

(3) Voir, à l'Appendice : 1° La répartition des impositions directes de la généralité de Caen, opérée par ces commissaires entre les départements du Calvados, de la Manche et de l'Orne ; 2" le tableau de la reprise, au profit de ces trois départements, des fonds disponibles laissés par la Commission intermédiaire provinciale de Basse-Normandie.

(4) Procès-verbal de la commission de vérification. 0 juin 1791. Arch. dép., Calvados, série L non inventoriée. — Cf. Ibid., Orne, L 10?3. — Sur le « mauvais vouloir » et le « sans-gène » des trois derniers intendants de Caen, cf. Lebretbon, ouu. cité, p. 61.

(5; Lettre de Bougon Longrais, procureur général syndic du Calvados, à son collègue de la Manche, 11 janvier 1793. Accusé de réception, par Louis Caille, procureur syndic du district de Caen, le 14 janvier 1793, de l'arrêté des commissaires liquidateurs du 8 décembre 1792, prescrivant des poursuites en vertu de la loi du 3 septembre 1792. Arch. dép., Calvados, série L non inventoriée.

(6, Thomas de Maussion, ancien intendant de Rouen, fui condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire le 6 ventôse an II. Arch. nat, W 332, d. 560.

(7) Alexandre Jullien, ancien intendant d'Alençon, fut condamné à mort par le même Tribunal, le 20 messidor an IL II appartint à la première fournée de la conspiration dile des prisons. 11 était âgé de 80 ans. ibid., W 409, d. 941.

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