LA DÉLÉGATION DES BAS-NORMANDS A LA FÉDÉRATION NATIONALE
Les gardes nationales, la maréchaussée et les troupes de ligne y resserrèrent le pacte d'association volontaire. De tous les points du département, les détachements des milices citoyennes s'y étaient donné rendez-vous. Entre la messe et le serment, des discours furent prononcés. Le chanoine de Beaudre, Lemonnier, procureur de la commune de Coutances, Pothier, garde national de Sainte-Mère-Eglise, et Tesnière de Brémesnil, président de l'assemblée administrative de la Manche, prirent tour à tour la parole. Les députés de la Manche qui avaient assisté à la fédération parisienne, remirent en ce jour la bannière qu'ils avaient reçue comme gage de fraternité.
La fédération du Calvados avait précédé de quatorze jours la grande fédération nationale ; celle de la Manche la suivit à trois semaines de distances. Ces deux départements avaient d'ailleurs envoyé leurs représentants à cette fête. La Basse-Normandie exécuta avec empressement le décret du 8 juin, par lequel l'Assemblée constituante avait prudemment endigué l'enthousiasme révolutionnaire et réglementé la future manifestation parisienne. Elle n'envoya pas à Paris une foule indisciplinée et tumultueuse, où les prolétaires, confondus avec les citoyens actifs, auraient peut-être laissé échapper des plaintes importunes, mais des compagnies d'électeurs enrégimentés, porteurs de mandats réguliers et attachés sans réserve à la Constitution nouvelle. Les gardes nationales des divers cantons réunies au chef-lieu des districts nommèrent un homme sur six cents ; ces élus désignèrent, à leur tour, un délégué pour deux cents hommes. Ces délégations devant occasionner des frais de voyage et de séjour assez élevés, ce furent les municipalités qui s'en chargèrent provisoirement, en attendant la formation des districts. Une somme de 1430 livres fut répartie entre les onze députés du district de Bayeux, ce qui leur donnait 130 livres à chacun (x). Les vingt et un délégués de Caen, nommés à l'assemblée des Jacobins, dans la journée du 2 juillet (*), devaient recevoir chacun 100 sols par jour pendant vingt jours (3).
chaussées du département de la Manche, à Coutances, le jeudi 5 août 1789. Arch. Bat., AD xvi 49.
(1) Arch. comm., Bayeux. Registre des délibérations, Di12, 1er juillet 1790.
(2) Noms des électeurs de la garde nationale de Caen par paroisses, etc., 8 p., et Procès-verbal de la noini nation des députés de la garde nationale de Caen, etc., 2 juillet 1790. Ibid.. Caen, carton 36.
13) Ibid., Caen, D 1. Registre des délibérations, 3 juillet 1790.