‹ La fin de l'ancien régime et les débuts de la révolution dans la généralité de Caen, 1787-1790Chapitre 474 sur 511 · SA PLACE PARMI LES FOUS LITTERAIRES · texte numérisé non relu

SA PLACE PARMI LES FOUS LITTERAIRES

Mongolie, à la « Tatarie » et au Canada. Chemin faisant, l'ouvrage fourmille d'allusions à la Révolution française ; en voici trois caractéristiques. — 1° p. 15. Cordier de Launay parle « de la dissolution dont la France nous offre en ce moment le plus hideux tableau ». — 2° p. 75. Nouvelle apostrophe à la dissolution politique : « Non, ce n'est pas de la mort d'une épouse que je « t'accuse; non, ce n'est pas le sang d'un frère que je te redemande. « Je te pardonne et le pillage de nos fortunes et l'incendie de nos « demeures ». Suit une violente diatribe contre la Révolution, l'exécution du roi, la déchristianisation de la France et le culte de la Raison, accompagnée de menaces à l'adresse de Paris, « qui périra comme Sodome et Gomorrhe ». — 3° A la fin du livre, p. 129 : « Le siècle s'est terminé, en France, par une dissolution « vomitoire de brigands, de sacrilèges, de régicides, de charlatans... « Nuit orageuse, dans laquelle on n'aperçoit que le rapide trajet « de quelques mouches phosphoriques... Triomphe de mort, où « tout se couvre de ces insectes, qui, nés de la putréfaction, ne « savent rien que pulluler, ronger et mourir sur un cadavre ».

7° Tables historiques, chronologiques el généalogiques de toutes les IVIaisons princières de l'Empire de Russie, rédigées en allemand sur les Archives Impériales de Moscou, par MM. Millier, conseiller d'Etat, et baron de Nicolaï, conseiller privé ; traduites en français et augmentées par M. Cordier de Launay, conseiller de S. M. Impériale, et ci-devant intendant de S. M. Très Chrétienne en Normandie. Saint-Pétersbourg, 1805, ms. in-f°. Bibl. Impér. Saint-Pétersbourg, IV F 169. (Communication de M. Ardascheff, professeur à l'Université de Kiev.)

Ces divers spécimens de la prose de Cordier de Launay sembleraient faire douter, non seulement du bon goût, mais du bon sens de l'auteur ; ils suffisent, en tout cas, à expliquer pourquoi un écrivain russe, M. Tcherpakoff, a offert l'hospitalité à l'ancien intendant de Caen dans un ouvrage consacré aux « Fous littéraires » U).

(1) Tcherpakoff, Les Fous littéraires, Moscou, 1883, 1 vol. in-12, p. 31-32.

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