DIFFICULTÉS DU TRANSPORT DES ENGRAIS
soit accordée. » (Saint-Martin-de-Chaulieu). — « La Vire donne la facilité de transporter des tangues, le meilleur de tous les engrais ; mais comme il n'est permis à personne d'en transporter sans être sujet au classement, il en résulte qu'on en transporte très peu.. S'il plaisait à S. M., qui désire les progrès de l'agriculture et veut donner les moyens aux cultivateurs de l'augmenter, il dispenserait tous ceux qui voudraient transporter ces engrais de la loi qui les assujettit au classement ; à ce moyen, plus de cent paroisses seraient fécondes, alors qu'elles sont infructueuses et ingrates. » (Rampan). M
Sur la difficulté du transport des engrais.
[La communauté] « demeure embourbée dans ses chemins de traverse et dans les voies qu'elle est obligée de pratiquer tous les jours... pour aller à la mer chercher des engrais pour compoter ses fonds. » (Fierville). — « Quoique leur paroisse se trouve à une demi-lieue de la mer, ils ne peuvent jouir des avantages qu'elle procure par ses engrais, parce que les chemins qui y conduisent sont inaccessibles l'hiver et même l'été. » (Haut-Moitié). — «Les charriages des engrais de mer, qui sont éloignés de trois grandes lieues, ne sont pas plus faciles, même impossibles dans certaines années pluvieuses, par la petitesse des chemins et leur mauvais état...»(Mesnil-Aubert). — « Toutes les paroisses du Bocage, sept lieues éloignées de Coutances, qui sont obligées de venir au pont de la Roque chercher des tangues, sont obligées aujourd'hui de passer avec leurs charrettes au travers de la rivière, dont il y en a eu plusieurs qui ont perdu la vie.»(Regnéville). — «Les chemins, tant dans l'intérieur qu'au dehors, sont impraticables ; les engrais n'y parviennent qu'à grands frais. » (Landelles-et-Coupigny). — [Les habitants] ont des chemins impraticables... pour voiturer leurs engrais. Ils demandent que les ateliers de charité... soient destinés à raccommoder les chemins dans les anciennes grandes routes [et les] endroits dangereux où fort souvent l'on est en danger de perdre la vie.»(Sainte-Marie-Outreleau). — «On ne parle ni des charrettes brisées, ni des bêtes tuées, ni des hommes blessés, ce qui arrive néanmoins fréquemment ; au lieu que, si la
(1) Voir les plaintes formulées en 17S8 par la municipalité de Douvres (département de Caen). Arch. dép., Calvados, C 7883.