‹ La fin de LutherChapitre 1 sur 11 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

^n|i''S abus et les passions qui tirent, à l'origine, le suc-

^fflj ces de Luther et la force du protestantisme n'existent plus aujourd'hui. L'hérésie, dépourvue d'ailleurs de toute valeur doctrinale, ne repose plus que sur deux appuis déjà très ébranlés: la politique et la légende.

Le premier va bientôt achever de disparaître, emporté par l'esprit de liberté. Le temps n'est plus où les gouvernements pouvaient, dans un intérêt politique, imposer aux peuples des confessions de fqi.

Reste la légende. Beaucoup de protestants sincères croient encore à la mission et à la sainteté des fondateurs de leur religion. Ils professent, par exemple, la religion de Luther, parce qu'ils ont le culte de Luther; ils vénèrent le moine révolté comme un cinquième évangéliste, comme un prophète. Ils ne protestent presque plus contre l'Eglise romaine qu'au nom des vertus et de l'autorité de Luther. La sainteté de Luther leur tient lieu des marques de la véritable église; et l'Église romaine, par le fait seul qu'elle compte Luther au nombre de ses adversaires, ne peut être à leurs yeux que la grande prostituée !

De même que l'esprit de liberté emporta la puissance politique du protestantisme, la science détruira la légende.

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