‹ La fin des dieuxChapitre 107 sur 130 · FRERE NORBERT, TERPANDRE · texte numérisé non relu

FRERE NORBERT, TERPANDRE

NORBERT

Te voilà donc en mon pouvoir, Terpandre, pontife attardé d'une religion détruite, contempteur de notre Dieu, et adorateur d'idoles vaines ! Où sont-ils ces Olympiens superbes qui devaient faire pleuvoir la foudre sur l'acier de nos armures ? A quoi ont servi les sacrifices et les incantations démoniaques ? Tu te tais misérable, sais-tu que je peux te faire hurler de douleur? De quel châtiment n'es-tu pas digne, traître pris les armes à la main, assassin de nos envoyés de paix, conseiller de rébellion contre le Saint-Père roi de la chrétienté, évêque hypocrite qui dans ton île de Scyros abusais de la crosse pour égarer tes ouailles, tu ne peux invoquer ni l'absolution de Dieu ni Tin-

dulgence des hommes, et nul n'est plus sûr que toi d^ savoir sa mort prochaine.

TERPANDRE

Tu as vaincu. Agis.

NORBERT

Eh bien je veux t'étonner par ma clémence, je demande pas ta vie mais ton âme. Ton salut est de ceux dont se réjouiraient les cohortes célestes, et par ma voix, Dieu t'appelle à la glorification réservée aux confesseurs de la foi. Objet de scandale, deviens un sujet d'édification. Tombe à genoux, mon frère pardonné, contemple le néant de tes ambitions et le châtiment de tes blasphèmes, confesse la divinité du Christ, l'infaillibilité de l'Eglise romaine, et tu reprendras ton rang d'évêque et de prince, ta place à l'ambon, ton siège au Concile, car ceci est écrit: « Il y aura plus de joie au ciel pour une brebis retrouvée que pour cent de conservées ».

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