‹ La fin des dieuxChapitre 108 sur 130 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

TERPANDRE

En ce cas, prêtre, convertis-moi,

NORBERT

Tu railles, Terpandre ? Ne connais-tu pas comme nous les Evangiles, les Actes et les Epîtres, les Décrétales et les Extravagantes? Tu n'as qu'à prononcer avec moi la formule : Je crois en Jésus-Christ fils de Dieu, Dieu luimême, qui s'est incarné, a souffert pour l'humanité et reviendra un soir des temps sur son trône de nuées pour juger les hommes, appeler les Elus à sa droite, et renvoyer les Maudits au feu éternel.

TERPANDRE

C'est là ton Jésus, moine ; le mien est un vagabond juif qui errait par les campagnes contre le gré de sa famille, et fut mis à mort parce qu'il avait mal parlé de César.

Sur quoi te bases-tu pour affirmer ceci ? sur des impostures judaïques ? nous autres nous avons nos Evangiles !

TERPANDRE

Quelle est leur valeur ? On n'en sait ni les dates ni les auteurs ; Jean et Marc étaient des pêcheurs, comment auraient-ils pu écrire en grec? A peine sait-on que Jésus a existé ; on ignore comment il est mort puisque le Talmud affirme qu'il a été lapidé. Si quelqu'un devait savoir la vérité, ce serait nous plutôt que vous galloromains qui ne connaissez rien de la Palestine.

NORBERT

Tu erres, Terpandre. La Gaule a été le pays de prédilection du Christ ; à peine sa bouche venait-elle de jeter le grand cri qui fit tressaillir la terre qu'une barque abandonnée jetait sur la côte de Provence les saintes Femmes et les Disciples favoris. Le pays d'Arles est une

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