SCÈNE III
Fanfares triomphales. Défilé des rois, des croisés et des captifs.
CHŒUR DU PEUPLE
Noël ! Noël ! Voici venir la pompeuse théorie des Sires et des Pères ! C'est aujourd'hui que rentrent dans les murs d'Arles les bons chevaliers latins, chargés des dépouilles infidèles ! Voici passer les tambourins et les cymbaliers, les bannerets bardés de fer suivis chacun de sept varlets, les mercenaires esclavons et suisses, les alliés français et byzantins ! Voici les troupeaux de captifs aux mains liées, les charriots chargés de cimeterres et de sarbacanes à feu grégeois, les dromadaires et les éléphants ! Triomphe ! Que des feux allumés sur la montagne de Sainte Victoire célèbrent la splendeur du Parage et la valeur des chevaliers d'Occitanie l
l'évêque d'édesse
Avez- vous remarqué, saint homme ? aucune louange pour la sainte Eglise du Christ I Ils ne songent qu'à s'enorgueillir de leurs trésors, et comme par bravade, étalent l'effrayante ordonnance de leurs soldats.
le moine
Mon frère, j'en sais heureusement de plus nombreux et de plus terribles !
CHŒUR DU PEUPLE
Aux hymnes de triomphe mêlons le chant des fiançailles. C'est aujourd'hui que le Saint- Père doit unir le prince Cléotas à la vierge Chryséis, Bernard de Saint-Gilles à Thyonée, Alkibiadès à Stéphanette de Faraman. Partout s'éveillent les réjouissances populaires ; sur les routes, les noirs taureaux de Camargue sont chassés à coup de trident vers les arènes, les farandoles déroulent leurs anneaux sur les ponts du Rhône, la Tarasque soubresaute ri-