‹ La fin des dieuxChapitre 10 sur 130 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

dédaignés pour nos frères, si les Provençales sacrifiées à nos sœurs ne jalousent pas notre présence et n'évoquent pas la vision de nos voiles fugitives ?

CHRYSÉ1S

Chasse ces inquiétudes, mon bien-aimé. Le bon roi René nous protège, puisqu'il a voulu nous fiancer avant ton départ pour la croisade d'Afrique. Qu'importent les mines moroses des vieux moines au front tondu si nous conservons le sourire parfumé de nos prêtres à nous? Ton amour se serait-il affaibli comme à l'horizon l'image de Scyros?

GLÉOTAS

Tu sais bien que non, Chryséis. Tel j'étais dans les vallons caillouteux de notre île, tel je reste dans les grasses plaines de la Galatie ; mon amour est de ceux dont se réjouiraient les Séraphins et les Trônes qui communient sous l'ambroisie et le nectar dans la Jérusalem

céleste ; avant qu'il ne s'éteigne, les cognassiers porteront des grappes de raisin, les dauphins se poursuivront dans les prairies, et les chèvres cabrioleront sur les vagues !

{Tous remontent vers le fond).

l'abbé de psalmodi

Là n'est pas le danger, saint homme, et si ces enfants pèchent contre le Christ, c'est sans le savoir.

LE MOINE

Leur inconscience n'atténue pas le péril, mon frère.

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