ACTE TROISIEME
flamme ! la flamme ! Sauve-moi, Gléotas ! J'ai peur : Sauve-moi !
CLÉOTAS
Ah ! moineféroce, n'auras-tu pas pitié d'elle?
NORBERT
Allez, enfants, et que le Seigneur soit avec vous !
CLÉOTAS
Que dis-tu ?
NORBERT
Allez, ô jeunes gens, vous êtes trop beaux pour mourir ! Si quelqu'un doit disparaître du monde, c'est un vieillard infirme, et non vous, radieux couple de jeunesse et d'amour. Je ne veux pas que vos corps s'unissent dans la tombe. Fuyez, fuyez, ô beauxjeunes gens, cette fenêtre n'est qu'à quelques pieds du roc, fuyez, et soyez heureux !
CLÉOTAS
Mais c'est ta mort à toi, mon père. Tu as répondu de moi sur la tête !
NORBERT
Fuyez, beaux enfants, c'est moi qui vous l'ordonne. Assez de sang a rougi le sol ; le Seigneur est rassasié de victimes humaines. Ne vous inquiétez pas de moi, on n'osera pas me tuer, je me défendrai, n'importe, mais fuyez, fuyez ! Vous trouverez au bas de la combe mes propres chevaux, et dans le port de Narbonne une galère papale qui vous ramènera à ScyrosI
CHRYSÉIS
Est-ce un rêve ?
NORBERT
Gléotas ! tu es chrétien ! Souviens-toi que tu as charge d'âmes !
{Un bruit de pas et un cliquetis d'armes se fait entendre au dehors).