‹ La fin des dieuxChapitre 17 sur 130 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

gine ; à cette heure, Arles est le cerveau de l'univers ; les universités de France, les écoles d'Italie, les médressés de Gordoue, les lycées de Smyrne pleurent le départ de leurs gloires ; c'est dans notre Occitanie que se sont réfugiés le Beau, le Vrai, le Bon et le Juste. Au lieu de se stériliser dans d'égoïstes examens de conscience, l'âme de mon peuple se déploie à la conquête positive delà vérité : les campaniles se transforment en observatoires, les chaires d'églises en chaires d'écoles, les hôpitaux ne soulagent plus la seule misère présente mais permettent l'étude des guérisons futures, et sur les places publiques les symphonies orchestrales ont remplacé le sifflement des disciplines des Flagellants.

Et cela n'est rien encore, Saint-Père î Notre croisade ne va t-elle pas nous permettre de purifier la Religion ? Cette île enchantée de Scyros que la Providence avait tenue à l'écart des courants nous révèle ses croyances merveilleuses qui sont celles des chrétiens apostoliques. Ces livres sacrés dont il ne reste que quatre débris, les évangiles, nous les recons-

tituons avec le mémorial des vieillards, del'évêque Terpandre et du sage Glisthénès. Bientôt nous aurons la vraie religion du Christ, non pas celle qu'on a contée à notre enfance, toute pleine de tristesses et de sueurs de sang mais la religion souriante du Fils de l'homme, le pardon des péchés, l'oubli des offenses, les danses de Cana et de Tihériade, les rêveries sur le lac, le bonheur de vivre sous ce beau ciel que nous avons connu, dans cette adorable Galilée que nous avons découverte. Aussi avons nous marqué notre gratitude à ce peuple qui nous rouvre le bonheur ; nos fils épouseront ses vierges, et ses éphèbes nos filles. Tu ne refuseras pas, Saint-Père, de bénir ces fiançailles, et surtout celles du prince Gléotas, fils du despote de Scyros, et de la vierge Ghryséis.

LE SAINT-PÈRE

0 mon fils, tu n'as parlé qu'avec sagesse. L'humanité verra bientôt son horizon s'irradier d'un jour dont l'aube seule nous éblouit. Tu l'as dit, ton palais est le rendez vous des gloires

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