L'ABBÉ DE PSALMODI; L'ÉVÊQUE D'ÉDESSE ; LE MOINE
L ABBE DE PSALMODI
Hélas, saint homme, les dieux reviennent! Le temps n'est plus où sur la blonde Occitanie, nombril de la chrétienté, la brise se parfumait d'encens, s'enchantait d'orgues et de carillons. Les anciennes superstitions ont reparu. Où elle va, la foule ne le sait encore ; nous autres, vieillards, nous ne flairons que trop une odeur abominable fumer de ces vieux temples de l'Idolâtrie. Béziers adore le cha-
meau ; Nimes, le crocodile, et le fronton païen stigmatise sa cathédrale ; partout, on dévore les papyrus retrouvés dans les décombres ; on applaudit aux statues impudiques que vomit ce passé maudit. Hélas, hélas, saint homme, ce sont bien les dieux qui s'en reviennent I
l'évêque d'édesse
Pour moi, malhabile à subodorer les démons de l'Olympe, j'ai bien reconnu, dans les ténèbres, les échos du Sabbat asiatique. Sur nos forums se prélassent, à peine déguisés, Juifs et Maures ; l'air est lascif comme en pays de Mahom, et les âmes subtiles jusqu'à fausseté comme en Byzance ; la kabbale judaïque accouple monstrueusement les mauvais anges aux hommes ; la magie a plus d'adeptes en Occitanie qu'en Perse. — N'y a-t-il pas des Orientaux ici, mon frère ?
l'abbé de psalmodi
Trop ! La dernière croisade de nos sires a fait éclore la peste gentile. En cinglant vers la