EL-HADJ-IBRAHIM
Sans doute ; nous arriverons à supprimer le mal ; déjà nous connaissons des simples qui endorment la douleur, des amalgames qui tuent la maladie; nous aussi et sans l'aide de forces surnaturelles nous rendrons la vue aux aveugles, le mouvement aux paralytiques, la santé aux incurables. Un jour viendra, ô rois, où l'homme mourra sans souffrir, vivra sans mourir même, et où les palais des princes ne seront pas attristés par des processions d'amputés nauséabonds qui viennent agiter leurs moignons sanglants.
l'évêque d'édesse
Insensés ceux qui, combattant la douleur physique, oublient le mal immatériel ! Que répondrez-vous, hommes d'orgueil, aux inquiets que le souci de la Divinité torture, aux chercheurs d'idéal vierge que les formes présentes rebutent ?
CLISTHÉNÈS
Nous créerons un monde si beau qu'on ne pourra concevoir au-delà un désir inassouvi. Ainsi nous rassasierons les tristes que consume la recherche des conceptions impolluées, et nous infuserons tant de calme dans les âmes à venir que nous en chasserons la torture de l'inquiétude fille du souci de la Divinité. Une fois maîtres de la cause du monde et de l'essence de Dieu, nous aurons intronisé la satisfaction de la raison humaine et vaincu le second obstacle au bonheur parfait.
l'évêque d'édesse Votre science s'arrêtera toujours; fille de la