ACTE SECOND
volupté du sacrifice, que nous importent les beaux jeunes hommes ? Notre amour était une torche néronienne où se tordait un corps nu dans la flamme ; ce n'est plus qu'une lampe odorante scintillant comme une étoile de la mer devant la Vierge Immaculée.
NORBERT
0 mes frères, 6 mes sœurs, vos bénédictions me font pleurer d'allégresse. Gardez -vous de l'ingratitude envers le Christ consolateur ; c'est par vous que le règne de Dieu arrivera en Occitanie. Allez par les bourgs et par les champs annoncer la Bonne Nouvelle ; criez pénitence, maudissez les stupres et les idolâtries, et, jusque dans les tourments, ne rougissez pas de Jésus qui n'a pas rougi de vous.
CHŒUR DU PEUPLE GRAS
Quel est ce moine exalté qui traîne par la ville une horde de figures maladives ? On dit que c'est un des grands docteurs d'outre-Loire,
mais on ne l'a pas vu paraître ni au théâtre ni aux gymnases. Il préfère se ménager de faciles triomphes en endoctrinant les gueux et les infirmes. Pourquoi ne discute t-il pas avec ses égaux ?Nous ne comprenons pas que notre vénéré Sire supporte un homme dont la présence est un scandale pour toutes le > personnes au courant des idées de leur temps !
CHŒUR DU PEUPLE xMAIGRE
Au Rhône ! au Rhône, le nécroman ! Son œil flétrit nos couronnes de fleurs et jette un sort sur nos réjouissances. Avant sa venue, les ponts retentissaient de galoubets et de farandoles et le bruit des baisers s'envolait sous les platanes ; maintenant Arles s'étiole, la troupe des filles joyeuses s'éclaircit, les colons et les serfs se scandalisent à nos préparatifs de fêtes! Si cela continue, il nous faudra monter sur nos galères pour aller retrouver la joie à Avignon ou à Marseille. Au Rhône, le magicien qui nous attriste !