‹ La fin des dieuxChapitre 71 sur 130 · SCENE VIF GHRYSÉIS, CLEOTAS · texte numérisé non relu

SCENE VIF GHRYSÉIS, CLEOTAS

CLEOTAS

Quoi ! Vous ! Vous, Chryséis

CHRYSEIS

L'Ange du Seigneur ne pouvait me trahir. C'est Dieu qui m'avait ordonné d'aller par les rues d'Arles. Je me savais intangible au Malin , et je n'ai pas été surprise de me voir sauver.

CLEOTAS

Voilà donc, Chryséis, votre émotion ; je vous délivre d'insultes pires que la mort, et vous remerciez Dieu froidement sans daigner prendre garde au bras dont il s'est servi.

GHRYSEIS

Dieu aurait pu aussi bien vous empêcher de me sauver en brisant votre épée que me sauver par une autre intervention que la vôtre.

CLEOTAS

Ghryséis ! Qui sait si ce n'est pas pour que tu m'entendes une dernière fois que ton Dieu m'a permis d'être là ?

CHRYSEIS

Gomment cela serait-il puisque vos premières paroles me blessent en m'apprenant que mon Dieu à moi n'est pas le vôtre ?

CLEOTAS

Le mien, comment pourrait-il l'être? Nos religions diffèrent, oh oui ! Gomment pourrais-je l'adorer, l'Inconnu qui glace notre amour ? Ce Dieu là, quel qu'il soit, je l'exècre !

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