SCENE VIF GHRYSÉIS, CLEOTAS
CLEOTAS
Quoi ! Vous ! Vous, Chryséis
CHRYSEIS
L'Ange du Seigneur ne pouvait me trahir. C'est Dieu qui m'avait ordonné d'aller par les rues d'Arles. Je me savais intangible au Malin , et je n'ai pas été surprise de me voir sauver.
CLEOTAS
Voilà donc, Chryséis, votre émotion ; je vous délivre d'insultes pires que la mort, et vous remerciez Dieu froidement sans daigner prendre garde au bras dont il s'est servi.
GHRYSEIS
Dieu aurait pu aussi bien vous empêcher de me sauver en brisant votre épée que me sauver par une autre intervention que la vôtre.
CLEOTAS
Ghryséis ! Qui sait si ce n'est pas pour que tu m'entendes une dernière fois que ton Dieu m'a permis d'être là ?
CHRYSEIS
Gomment cela serait-il puisque vos premières paroles me blessent en m'apprenant que mon Dieu à moi n'est pas le vôtre ?
CLEOTAS
Le mien, comment pourrait-il l'être? Nos religions diffèrent, oh oui ! Gomment pourrais-je l'adorer, l'Inconnu qui glace notre amour ? Ce Dieu là, quel qu'il soit, je l'exècre !