‹ La fin des dieuxChapitre 73 sur 130 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

CHRYSEIS

Mais c'est là le christianisme de Scyros, mon frère, et ce Jésus que nous adorions n'était pas le Christ.

CLEOTAS

C'était plus que le Christ, ô ma bien aimée, c'était la Divinité souveraine flamboyant dans ses douze grands Dieux, dans ses trois mille personnifications, dans ses millions d'émanations héroïques, c'était le radieux Olympe, la montagne de clartés formée par l'entassement de toutes les déités antiques.

CHRYSEIS

De quel Olympe parles-tu, Ctéotas ? Je ne le connais pas et je tremble de le connaître l

CLÉOTAS

C'est son influx divin qui te fait trembler I Ghryséis, n'as-tu jamais entendu les vieillards de l'ile parler tout bas de cette antique

croyance de l'Hellade qui fit la gloire de nos pères et qui viendra un jour reconquérir les Fils du sol ? C'était l'adoration des immortels Olympiens qui vivent encore, derrière les nuages, dans leur étincelant palais de cristal. Terpandre l'Hiérophante m'a tout dévoilé. Nos rites galiléens n'étaient qu'un voile contre les Césars de Byzance ; ce voile, qu'il se déchire ! Qu'elles s'évanouissent comme un brouillard barbare les rêveries syriennes, Jéhovah repu de graisse humaine, Jésus empoisonné par les angoisses, Marie amante impudique du soldat Pandara, faux anges et faux saints, supplices et ténèbres, voici les vrais Dieux qui s'en reviennent ! Tends le cou, scrute le ciel, ô Chryséis, tu vas les voir reprendre leur trône vide, les Immortels souriants. Ils viendront des quatre coins de l'horizon, Zeus aux-sourcilsparfumés sur le vol de son aigle fulgurant, Poséidon le glauque soulevant du front le manteau des vagues, Apollon debout sur son quadrige d'or, Hadès le-noir jaillissant du sol par un cratère, Dionysos, Ares, Hephaïstos, tous, toujours jeunes, toujours dieux ! Voici

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