ACTE SECOND
CLÉOTAS
o ma Chryséis adorée, fille dos vieux Ioniens, descendante dos Aodes, laisse ton futur époux te ramener à la Religion do la Patrie ! Ne redoute pas le Moine maigre ; c'est nous qui sommes à craindre ! Le sang grec se réveille dans los veines de l'Occitanie. N'as-tu pas remarqué l'avidité de ce peuple à suivre nos rites, à abandonner son Christ pour notre Jésus do Scyros, pour ce Héros splendide de force qui comme Dionysos parcourt les vergers entouré de Korybantcs, comme Apollon monte au ciel dans une ascension de foudres, comme Hennés Psychopompe descend au Tartare visiter les ombres et ouvre l'Olympe aux demidieux ? L'antique génie de l'Hellade prévaudra contre los Monges blancs de Psalmodi! Laisse les ameuter les pauvres et les infirmes sur les places publiques ; si nous prêchons, nous aussi, ce sera l'armée dos jeunes et des forts que nous lancerons contre leur tourbe ! Viens donc, ma bien-aimée, prenons, notre essor vers les Dieux non ambigus, bien loin de ce Jésus
du nord dontles grands yeux fixes vous glacent d'effroi et qui ne se plaît qu'aux gémissements et aux larmes.
GHRYSEIS
Il est parfois si doux de pleurer !
CLEOTAS
Non ! Non ! Loin de nous les Maladies et les Sanglots ! Le temps des larmes est passé, puisque tu m'aimes encore. Voici venir le cortège des Dieux sains éparpillant leurs rires aux échos ! Notre amour est inséparable de leur culte. Fille de l'île, ne renie pas les Dieux de la Patrie !
CHRYSÉIS
Si j'allais à eux, ce ne serait pas parce qu'ils sont les dieux de la patrie, mais les tiens, Gléotas !