ACTE SECOND
CLEOTAS
Ce sont les tiens aussi, ô ma douce fiancée. Le théologue Terpandre m'a dévoilé les signes ésotériques; comme il porte le sceau nocturne de Minerve Athéna, comme je suis moi-même tatoué du signe solarien dApollon, tu portes entre tes sourcils, ô Chryséis, la marque blonde de Cypris, non de l'impudique reine de Paphos et dAmathonte, mais de lAphrodité née de la mer sans tache, toujours lavée par les flots, baignée d'azur, née vierge pour l'amour des hommes. Viens, Chryséis, laisse ton cœur de diamant s'entrouvrir aux vagues d'émotion qui l'assaillent, viens avouer ta Déesse !
CHRYSÉIS
Si tu disais vrai !
CLÉOTAS
Enfant, pourra is-je te mentir, moi qui t'aime, qui t'adore, et meurs de joie de te reconquérir. Ah ! de quel cauchemar nous réveillons-nous 1
Que tu m'as fait souffrir, ô mon amante, que de larmes j'ai versées sur tes effrois hautains, sur tes lèvres plus arides que le sable de Carthage !
CHRYSÉIS
Et moi, Gléotas, crois-tu donc que je ne pleurais pas à comprimer à deux mains dans mon cœur le jet des amours anciennes? Voistu, quelques jours de plus et j'étais morte ! Ah, oui ! ne restons plus sur cette terre d'Erèbe où vous terrassent d'atroces Possessions, rentrons dans notre patrie lumineuse de Scyros où l'air est si suave qu'on n'y peut vieillir, nous irons sur les coteaux limpides vivre dans la contemplation pacifiante de la mer sans voiles, du ciel sans enfer, nous nous aimerons à tout jamais !
CLÉOTAS
Oui, demain notre galère dorée bondira sur