CHŒUR DES GUERRIERS
Hommes d'armes, veillez ! Au bas des glacis, dans la plaine s'espacent les bannières des chevaliers du nord. Si loin que l'œil porte, les
tentes s'ajoutent aux tentes ; de quelque point que le vent souffle, des appels de clairon sonnent. Hommes d'armes, veillez ! Le jour est proche où ces hordes de barbares tourbillonneront comme des feuilles sèches au souffle courroucé des gens d'armes de Catalogne et des légionnaires romains libérateurs de l'Occitanie
le roi d'arles
Hélas ! Hélas ! A l'insu des miens, les cadavres en proie aux corbeaux pourrissent. Elle est gisante dans les champs de Toulouse, la fleur de la chevalerie catalane. Quelle était belle pourtant, au débouché des ports pyrénéens, l'armée que m'amenait mon bon frère le roi de Majorque ! Hélas, où sont-ils ses hidalgos vétérans des croisades maugrabines, ses archers chaussés d'espadrilles, ses auxiliaires grenadins, ses chariots attelés de mules aux grelots d'argent ? Où es-tu toi même, don Sigismond, fastueux seigneur de Montpellier et de Tlemcen qui combattais en riant au son des cliquettes de bois et des mandores ? L'in-