ACTE TROISIEME
TERPANDRE
Ton cœur est timide, ô roi. Qu'appelles-tu 6acrilèg< , puisque tu ne crois plus au Christ ? Nous reprocherais-tu d'être sans pitié pour nos ennemis, de violer les femmes et les enfants, de massacrer les transfuges sous parole, de punir, au-delà du refus des rites, le défaut de foi intime? ce qui te scandalise n'est que le développement de notre civilisation. Blâmerais-tu l'oubli des angoisses cherché dans la volupté? la frénésie des sens n'est que l'expansion de notre génie ; l'art plastique n'existerait pas sans ce que tu appelles amours bestiales, ni l'art psychique sans ce que tu déclares impudicité.
le koi d'arles
Hélas ! je sombre dans les ténèbres, et je doute même de ma cause !
(Divers groupes entrent , les femmes couronnées de fleurs, les hommes revêtus de leurs armures, tous levant des coupes d'or).
TERPANDRE
Entrez, derniers défenseurs de la Patrie d'oc, barons provençaux et stratèges grecs, entrez aussi, compagnes assurées de nos triomphes ou de notre agonie ! 0 mes frères en haine du Christ, réjouissez-vous ; demain verra le dernier assaut des Barbares et leur déroute. En attendant, fils de la sainte Occitanie, déchirez les voiles de la volupté terrestre ; à bas les pudeurs stupides ! que le vin cuit fume dans les cratères couronnés de roses, que de tenaces parfums obsèdent l'air, que les chants de femme acerbent nos cœurs pour les exaspérations de la lutte suprême !
l'évêque de maguelone
Martyrs de la vraie foi, célébrez votre repas libre !
terpandre [saisissant une coupe d'or)
Commençons par les Dieux : Salut aux Daïmones protecteurs du foyer domestique, à Pal-