ACTE TROISIEME
CHŒUR DES JEUNES GUERRIERS
Gomme vous, frères, nous aimons à répandre le sang, mais nous préférons mêler à son ivresse la volupté des étreintes d'amour. C'est pour cela seul que nous regrettons tant les soirs de victoire où nous entassions en butin les femmes nues, et où nous les faisions mourir, lentement, sous nos caresses. Oh ! fouiller du poignard la chair des vierges violées, déchirer de nos dents leur gorges, élargir leurs blessures avec nos ongles, et sentir leur sang jaillir à chaque spasme et leurs râles d'agonie se mêlera nos râles d'amour ! Comment avons nous si longtemps ignoré ces indicibles jouissances près desquelles les vôtres, ô frères, ne sont que d'enfantines titillations?
la voix (rapprochée) Thécel !
CHŒUR DES JEUNES FEMMES
Nous autres, jeunes femmes, n'avons point
de ces goûts sanglants et pourtant nous avons découvert des sources de plaisir si exquises que nous n'en voulons plus d'autres. D'abord vous nous avez blâmées, ô nos anciens amants, et maintenant vous nous imitez, et c'est chacun de leur côté que les couples semblables se promènent voluptueusement sur la plate-forme des murs, et se dévisagent à la rencontre, Ganymèdes dédaigneux d'Hébés et Saphos contemptrices de Phaons.
la voix [toute proche) Phares !
TERPANDRE
Qui a parlé ?