‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 10 sur 248 · Rousseau, Emile, chap. v · texte numérisé non relu

Rousseau, Emile, chap. v

2. Pour la collaboration probable de Diderot avec Crevier, cf. Corresp. litt., Y. 259. Parmi les médecins, Tronchin, de Genève, avait publié une brochure, L'Ami des femmes (4758), où il développe déjà toutes les idées de Rousseau,

in FIN DU CLASSICISME ET RETOUR A L'ANTIQUE.

son! la source de nos premiers plaisirs, comme de nos premières connaissances. Pourquoi donc en flétrir ou en dissimuler les besoins? Il nVsl pas houleux d'avoir soif ou d'avoir faim, il esl doux de boire ou de manger. On se complaît d'autant plus à ces aveux que la gourmandise a été un des grands vices du siècle. Rousseau non seulement condamne loule privation de nourriture comme punition et veut qu'on donne à boire à Emile Chaque fois qu'il aura soif: mais il célèbre les déjeuners sur l'herbe, et si simples que soient ses menus, il

les détaille avec un plaisir évident : « Des fruits, (\\\ laitage, quelque pièce de four plus délicate que le pain ordinaire, surtout l'art de dispenser sobrement tout cela, voilà de quoi mener des armées d'enfants au bout du monde ' ». Dans ses Confessions, il se rappellera encore certaines cerises mangées sur l'arbre avec mesdemoiselles de Graffenried et Gally. ou certaine omelette qu'on lui servit dans une auberge des (unirons de Lyon. — On n'est pas moins complaisant pour le plaisir sexuel, —je ne dis pas même l'amour : en cela encore, Rousseau est le complice de tout son siècle. qui. dans le roman surtout, n'a cessé de glorifier la chair 2. « Jamais une jeune et belle personne ne méprisera son corps, jamais elle ne s'affligera de lionne foi des grands péchés que sa beauté fait commet Ire. jamais elle ne pleurera sincèrement et devant Dieu d'être un objet de convoitise 3. » Diderot est encore plus explicite, et dans son Supplément au voyage de Bowjainrille c'est presque sur le mode lyrique qu'il parle de l'union des sexes : « Je ne sais ce que c'est que ta religion, dit le sauvage à l'aumônier, — mais je ne puis qu'en penser

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