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LES « l'OET.E MINORES ». |83
Les rubis des pavots qu'emportenl les zépbirs El le bleuel flottant, qui sème ses saphirs1.,.
Voici maintenanl des descriptions plus complètes :
. . . . C'était Lise elle-même. Le jour du crépuscule el du globe argenté
Sous le voile des eaux éclairait sa beauté :
Tel est, dans un parterre, /m lys qui vient d'éclore.
Quand il brille au malin sous les pleurs de l'aurore...
Le jais //e ses cheveux el l'eau sombre et verdâtre
opposés à sa gorge, en relèvent l'albâtre 2...
Les couleurs d'un beau soir, où son <v-il incertain
Cherche sans la trouver la première nuance
Du pourpre qui finit, de l'azur qui commence.
Il voil l'astre des nuits répandant sa clarté,
Ou sortant à demi d'un nuage argenté;
Et les bruits suspendus, les couleurs effacées
Livrent son âme heureuse à ses douée-; pensées3.
Je le demande : les classiques qui trouvaient si « matérielles » les Orientales de Victor Hugo, n'auraientils pas pu retourner tout aussi bien la critique contre Saint-Lambert? Et cependant il n'y a pas un de ces vers qui soit véritablement « vu ». pas un qui trahisse une imagination fortement remuée : les descriptions île Saint-Lambert ne sont que de laborieuses enluminures. Le grand défaut est là : c'est parce qu'il imite toujours par l'extérieur et qu'il laisse échapper l'âme de ses modèles, qu'il est en particulier si médiocre dans ses imitations de l'antique. Ce parti pris de ne voir dans un poème qu'un exercice de style, nous allons le constater toul aidant chez les autres descriptifs, les Leniierre. les Delille. les Roucher.
Si Saint-Lambert dans les Saisons avail été poursuivi par de constantes réminiscences de Lucrèce et de Virgile, Lemierre esl beaucoup moins préoccupé