‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 102 sur 248 · Voir Discours préliminaires, L'Été, ad fia · texte numérisé non relu

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:!. Les Saisons (Discours préliminaires).

i. Ibid., chanl I.

grand sens panthéistique, c'esl l'allure sacerdotale du vers ilr Virgile, l'émotion presque religieuse de la volupté antique. Ailleurs, il imitera encore Lucrèce, en racontanl l'humanité primitive, les origines de la société, la découverte des arts l; mais il n'emprunte guère au poêle latin que la matière de ses développements : le sens poétique, la rude énergie de son modèle lui échappent. Il y avait là pourtanl d'admirables vers -qui auraient i\ù illuminer toul autre qu'un Saint-Lambert.

D'où cela vient-il, sans parler de la sécheresse et de la froideur foncières du poète? Toujours de la même méprise de l'esthétique classique, qui s'imagine que la poésie est avant tout une question de langue et de style. La preuve la plus éclatante qu'on en puisse fournir se rencontre dans les imitations nombreuses que Saint-Lambert a faites du pittoresque de Thomson. Comme tout le monde alors, il a été frappé de « la couleur » du poète anglais et il croit que, pour y atteindre, il suffit d'accumuler les comparaisons empruntées des métaux ou des pierres précieuses. Il se compose une palette extrêmement riche et il plaque la couleur au hasard : je doute que le vocabulaire des romantiques à leurs débuts soit plus « pittoresque » que celui de Saint-Lambert :

L'émail des gazons frais, des ruisseaux argentés Et le jeu des rayons dans ces perles liquides, Que dépose la nuit dans ces vallons humides '■'...

Le soleil, au couchant, dore enfin les nuages. Il sème de rubis le contour des nuages 4.

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