Fastes, IL v
i. Sacra recognosces annalibus eruta priscis. [Fastes, 1. 7.)
enir parfois d'Ovide, imiter, par exemple, la légende de Syrinx ', c'est la couleur moderne qui l'emporte. En somme, en un sujet où il est particulièrement déplacé et déplaisant, intrusion de l'esprit de propagande anticléricale du wiir siècle, avec tout ce qu'il apporte de platitude et d'inintelligence dans les choses religieuses. Éparpillement de l'œuvre, décousu de la composition : c'est une série de morceaux descriptifs. Dans Saint-Lambert, le poème didactique était encore fidèle à son titre : il voulait enseigner le bonheur de la vie rustique et s'y efforçait honnêtement. Chez Lemierre, c'est le poème didactique sous sa forme littéraire. Jl n'apprend plus rien. Le sujet est indifférent. Le livre pourrait s'intituler tout simplement : Des vers.
Cet abâtardissement du poème didactique est encore plus sensible chez Delille. L'idée qu'il s'en fait, il a eu soin de nous en avertir lui-même dès le début du discours qu'il a mis en tète de ses Géorgiques : « Hésiode était [dus agriculteur que poète; il songe toujours à instruire et rarement à plaire ; jamais une digression agréable ne rompt chez lui l'ennui et la monotonie des préceptes. » Et plus loin : « Si les épisodes sont nécessaires même dans le poème épique,... ils le sont bien davantage dans le poème didactique, pour couper la monotonie et adoucir l'ennui des préceptes. » Il dit des préceptes moraux la même chose que des préceptes techniques : « Indépendamment de l'aversion naturelle que nous avons pour eux. (ils) sont si éloignés de nos sens que rarement ils fournissent au poète ces belles descriptions, ces vives images, quifonl l'essence de la poésie. »
Delille adoucira si bien V ennui des préceptes, qu'il n'en restera pour ainsi dire plus rien. Le poème didac-