Voir autre chap. vi
fusion hardie, * des rayons rapides ». Un combat où les lui leurs sont revêtus de fer s'appelle dans une ode « un combat d'airain » (àyù>v xâXxeo;) '. » — Malheureusement la langue française répugne absolument à
des raccourcis aussi audacieux. L'analyse logique tic l,i pensée y veut être suivie pas à pas. Théophile Gautier s'est vanté quelque pari de n'avoir fait que des métaphores qui se suivent et il avait, raison : du moins dans la poésie française tel que le classicisme et, après lui, le romantisme l'avaient faite, il ne peut pas y en avoir d'autres 2. Et chose fâcheuse, — comme M. Brunetière l'a fait voir. — il suffît, en français, de contimirr la métaphore pour tomber dans la préciosité. — Lebrun n'a pas pris garde à tout cela; il a cru pouvoir transposer dans ses odes les métaphores de Pindare et il a parlé un abominable jargon.
Il est tout fier de trouver des rébus comme ceux-ci :
Il est beau, quand le sort vous plonge dans l'abîme, De paraître le conquérir ■'.
Ou encore :
Et mes lauriers émus ont pleuré tes ennuis *.
Ce qui veut dire sans doute : « Moi, poète, j'ai compati ii ta peine. »
Ou bien. — ce qui est encore plus hardi :
Où prétendent voler ces forêts vagabondes^?
pour dire : « Ou prétendent voler ces vaisseaux? »
l . Cf. Croiset, op. cit., p. 101 .
■2. Au contraire, nos symbolistes, dont la poétique est toul autre, disent fort bien :
Étaienl ce là de flcui ' Étaient ce des statues lir fleurs? - Un crépuscule immense de parfums Montaienl d'elles...
(Emmanuel Signoret, Daphné.