Fin de ['Ode i, liv. IV
:s. Cf. de Lescure, "/>■ cit., \>. 121. — Plus tard, Rivarol parlaui Mi; Thomas, avec Chênedollé, critique très vivement son style, parce que • ce o'esl pas là un style créé ». Cf. Sainte- Beuve, Chateaubriand et son groupe, II. p. L66.
tomber el c'est lui sans doute qui contribua à lancer celle expression de « style créé ». qui esi à la mode vers ITS'.i. Mais le procédé datail de beaucoup plus loin. On trouverait une foule d'expression** créées » chez
Delille ' el même chez Sainl -Lambert. Seulement dans les dernières années du xvnie siècle, l'abus en devienl véritablement scandaleux : c'est la marque du style Louis XVI en littérature. — Uno expression « créée », c'est une alliance de mots, ou une association d'images inusitée, — exactement d'ailleurs comme chez les mai- Ires eux-mêmes. Mais tandis que ceux-ci sentent d'instinct les affinités des mots et des images et qu'ils trouvent sans les chercher de ces splendides métaphores, déconcertantes pour la logique et qui parlent néanmoins un si clair langage pour l'imagination et le sentiment, les décadents fabriquent laborieusement 1 s leurs et s'imaginent qu'il suffit de violenter le génie de la langue pour être extrêmement originaux. Le premier résultat, c'est le barbarisme ou l'image incohérente; on en trouve, en trop grand nombre, de déplorables exemples dans les vers d'André Chénier -. Ce qui précipita Lebrun dans cette voie, ce fut sans doute l'étude qu'il fit du style de Pindare : en effet, chez aucun poète ancien, on ne rencontre un pareil imprévu ni une pareille hardiesse dans l'association des images : par exemple. « la mort que Persée apporte aux habitants de Sériphe, pétrifiés par la tète de Méduse, devient pour Pindare Xîôtvoç Bavaroç, « une mort de pierre ». Les rayons de la gloire qu'un homme a obtenue par la vitesse de ses chevaux gardent une trace de leur origine : ils s'appellent, par une con-
1. Ainsi, par exemple, on disputa beaucoup sur ce vers de Delille :
Je veux qu'un tendre ami, peuplant ma solitude... Cf. Corresp. litt., XI, p. 38.