Ibid., v. 138 et suiv
4. O mon fils, mon Hermès, ma plus belle espérance, O fruit des longs travaux de ma persévérance, Toi l'objet le plus cher des veilles de dix ans.
Hermès, épilogue, p. 385.
Italie (1784) et son départ pour l'Angleterre ', il Iravaille beaucoup. Il étudie Bulïon pour les théories cosmiques. Lamarck. Bonnet, Cabanis pour la physiologie, Condillae pour la psychologie, Rousseau pour les théories sociales. C'était donc une véritable Somme de la science moderne que projetait André Cbénier.
Est-il besoin d'insister sur tout ce qu'il y a de neuf et d'audacieux dans cette théorie de l'invention? Malheureusement elle a pour contre-partie une théorie de l'imitation qui en a stérilisé à peu près tous les germes. Après avoir établi que le poète doit exprimer les mœurs et les idées modernes, Chénier s'est posé tout de suite une objection spécieuse qui a été funeste à la partie originale de son système : ces mœurs modernes sont-elles aussi poétiques que celles des anciens? Cette science même ne répugne-t-elle pas à la poésie"? Chénier répond tout de suite que la vérité est toujours plus belle que le mensonge, — ce qui était une façon un peu superficielle et rapide de trancher la difficulté. D'ailleurs plus l'œuvre est ardue, plus elle sera méritoire : et, reprenant l'argument de Lucrèce, il ajoute :
C'est là, c'est là sans doute un aiguillon do plus.
Les principes de la science ont beau se dérober :
L'auguste poésie, éclatante interprète,
Se couvrira de gloire en forçant leur retraite. 2.
Pour les mœurs modernes l'objection est plus embarrassante. Chénier, comme bientôt Gœthe et Schil-
1. La date de son séjour en Angleterre n'est pas très" certaine. Iîecq de Fouquières, d'après unt' conjecture très plausible, le fait remonter jusqu'à 17.N7. Cf. Poésies d'André Chénier, Introduction, xvui, édit. de 1872.