Ibid
o. Ibid.
G. Becq de Fonquières, op. cit., p. '■'<'.
du second pour les comparaisons et les petites scènes descriptives — c'est probablement ce qu'il appelait un quadro : il insère, il greffe, comme il le dit lui-même, sur un tronc nouveau le rameau détaché de l'antique '. Voici un vers de Bion qu'il noie et se promet d'enchâsser un jour quelque part :
Et les baisers secrets et les lits clandestins -.
Ailleurs c'est un vers de Tibulle qu'il fait entrer dans une pièce au Chevalier de Pange :
L'Amour aime les champs el les champs l'onl vu naître3.
Ou bien c'est un fragment entier, comme celle épigramme <le Julianus qu'il a fait entrer dans la même pièce. 11 s'agit encore de l'Amour :
La fille d'un pasteur, une vierge champêtre,
Dans le fond d'une rose, cm matin de printemps,
Le trouva nouveau-né...
Le sommeil entr'ouvrail ses lèvres colorées.
Elle saisit le bout de ses ailes dorées.
L'ôta de ->m berceau, d'une timide main,
roui Lrempé de rosée et le mil dans son sein ;.
Au tronc de mon verger ma main avec adresse Les attache, el bicntôi même écorce les presse.
Epitre à Lebrun, p. 397, v. 11",.)
XâOpia... »ùâp.a-a, XâÔp'.ov E-iviv
i Bion, Anal. p. 390.)
rpse inter greges interquo armenta Cupido Natus...
(Tibulle, II, I, v. 67. Elëg 'S, p. 152, \\ -27.)
Sxéçoç jcÀéxtov tcot' r^pov êv toï; poScuç "Epura 7.-x\ t6)v TZTjpôiv /.ara ■j//»v ïoi'K'i.'j' ;!; tbv oîvov, Xaëùv 8'ëmov xùtôv, via'; vûv E(T(o [leXûiv p.ovi
(Anthol. pal-, 388. - Élégies, v. 28 et suiv.)
L'ii fragmenl don! la destination est inconnue offre un exemple frappanl du troisième procédé :
Hommes saints, hommes dieux, exemples des Romains, Divin Calon, Brutus, le plus grand des humains1.
Toul ce passage n'esl que la traduction du fameux morceau de la Nouvelle Héloîse : « Brutus... Cassius et toi qui partageas avec les dieux les regrets de la terre étonnée, grand el divin Calon ».
Ailleurs c'esl un mot de Montaigne dont il tire deux vers : « Je veulx <{ifils donnent une nazarde à Plutarque sur mon nez - ». ce qui devient chez lui :
Le critique imprudent qui se croit bien habile Donnera sur ma joue un soufflel à Virgile :;.
Mais le poète, selon Chénier, ne se bornera pas à emprunter des images, des idées ou des tours aux anciens : il conservera les genres établis par eux :
La nature dicta vingt genres opposés D'un lil léger entre eux chez les Grecs divisés. Nul genre s'échappant de ses bornes prescrites N'aurait osé d'un autre envahir les limites '•.
Bien plus, il conservera les l'on nés de chaque genre : l'élégie sera l'élégie alexandrine. telle que nous la retrouvons dans Catulle, dans Tibulle et dans Properce. La satire ne sera pas la satire littéraire de Boileau ou d'Horace, mais l'invective deJuvénal, l'iambe d'Archiloque. L'ode sera pindarique ou horatienne, comme le Serment du jeu de Paume ou VOde à Byzance. Chénier reproduit même quelque pari :i la structure de l'ode