‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 156 sur 248 · Voir là-dessus notre chap. ix. p. 389. 5. L'Invention · texte numérisé non relu

Voir là-dessus notre chap. ix. p. 389. 5. L'Invention

Notons d'ailleurs que dans la seconde partie du dernier \crs. le rythme fail totalemenl défaut.

1! serai! injuste pourtant de méconnaître qu'il esl un île ceux i|iii ont le plus contribué à répandre la coupe ternaire, si raremenl employée îles classiques, et qu'il en a d'autres d'un effel 1res heureux. Mais il ne l'anl pas aller plus loin. Il serait inexact de dire ipfil a retrempé l'alexandrin français, qu'il lui a donné une solidité et une sonorité nouvelles. .Justement parce qu'il ignore la loi de l'accent, il néglige de renforcer les syllabes marquées de l'accent rythmique, el son vers conserve généralement l'allure sautillante ou la cadence monotone et sèche de l'alexandrin abâtardi du xvuic siècle. C'était d'ailleurs \\n art extrêmement difficile, où l'instinct a plus de part que le raisonnement, et il a fallu à Hugo lui-même bien des tâtonnements avant de le posséder. Chénier s'est consumé inutilement dans ces questions de technique et l'on )ieut dire que son érudition classique lui a plus nui en cela qu'elle ne lui a servi.

C'est précisément parce qu'il est trop grammairien et trop styliste, parce qu'il étudie trop par le dehors, que son imitation des anciens es! si incomplète. Comme un écolier qui l'ait un pastiche, c'est la l'orme qui le préoccupe et ainsi il est peu scrupuleux sur la qualité du fond. Il accepte et il traite sans distinction tous les lieux communs des anciens, en y mêlant la sentimentalité toujours un peu grossière du xvin0 siècle. C'est un monde invraisemblable que celui qu'on rencontre dans ses vers : tous les jeunes gens y ont le respect des vieillards, qui sont invariablement vénérables. Les riches sont toujours généreux et hospitaliers. Les époux sont dévoués par delà la tombe. Les belles sont toujours sensibles autant que perfides et charmantes, les amoureux toujours timides, déses-

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pérés, ou pleins de reproches el d'invectives; les amis d'uni fidélité sublime ei les voyageurs méditatifs, Enfin tous les humains seraient lions s'ils n'étaienl esclaves et malheureux, el les villageois, les plus fortunés des hommes s'ils connaissaient leur bonheur el s'ils n'étaient rançonnés par « l'avide publicain ». Veut-on savoir le rêve d'André Chénier? vivre au village :

Avoir un humble toit, une source d'eau vive, Qui parle et dans sa fuite et féconde et plaintive, Nourrisse mon verger, abreuve mes troupeaux... Avoir amis, enfants, épouse belle el sage, Eiver, un livre en main, de bocage en bocage1.

Veut-on connaître sa philosophie? (Test encore le lieu commun antique :

Humains nous ressemblons aux feuilles d'un ombrage Dont, au faite des cieux le soleil remonté Rafraîchi! dans nos bois les chaleurs de l'été2. Mais l'hiver accourant d'un vol sombre et rapide Nous scclie, nous flétrit...

La mort est désirable, et vaut mieux que la vie

car. hélas! nul mortel

Ne vit exempl de maux sous la voûte du ciel3.

Il est curieux de voir qu'André Chénier, pour les mêmes raisons que Ronsard, parce qu'il n'est attentif qu'à la Corme, esl d'une extrême banalité d'idées, ce qui revient à dire qu'il n'en a pas. C'est d'ailleurs ce qui manque à tout le xvhi0 siècle : chose bizarre, ces hommes onl renversé les anciennes croyances, remué toutes 1rs littératures el toute l'histoire, depuis celle de la Chine et du Japon jusqu'à l'histoire contempo-

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