‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 165 sur 248 · Cf. Rocheblave, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Rocheblave, op. cit., p

renies : au wiir siècle, on revenail à une antiquité déjà connue, on y revenait par l'érudition et l'archéologie et peut-être aussi par lassitude de ce qu'on avait aimé jusque-là. On ne pouvait plus avoir, connue au xvi° siècle, la joie de la découverte, les illusions d'un monde tout jeune et toul neuf qui aspirait à la vie. Surtout on avait derrière soi toute une longue culture extrêmement raffinée : ainsi on ne devait d'aucune façon s'attendre à revoir celle exubérance de sève poétique, cette vigoureuse poussée de génie, qui avait l'ail de la Renaissance uni1 époque si grande dans l'histoire de l'art. Et cependant, il y avait clans celte société à demi païenne du xvma siècle u\i dilettantisme si intelligent, un goût si franc de la volupté el «le la poésie du plaisir, des traditions d'art si aristocratiques, qu'on vit encore de belles œuvres, certaine ment des pins vivantes et des plus originales qu'ait produites l'École française. De 1750 environ, jusqu'à David, il y a comme une velléité de concilier l'imitation de l'antique avec les habitudes du génie national, tel qu'il s'était formulé dans la première moitié du siècle. Ce fut plutôt u\io inspiration libre qu'une imitation, sans rien de pédantesque ni de forcé, quelque chose comme une Renaissance affaiblie. Cette première manière forme la transition entre l'école de Boucher et l'école de David : elle est tout à fait charmante et mérite que nous nous y arrêtions.

tt Mes belles dames, voulez volis des éventails à la

grecque? » Voilà ce qu'on entend sur les boulevards vers 1770, dans les boutiques des revendeuses. Ces éventails à la mode soûl étalés pèle mêle avec des

« bonnets à ta chancelière, îles montauciçls, des plumes de hérons à vingt-quatre sols, des savonnettes qui blanchissenl la peau comme un lys « '. On esl un peu su pris de rencontrer des éventails à la grecque au milieu de t * » 1 1 ■— ces colifichets sentanl leur rococo; et pourtanl il suffil de se rappeler le mobilier et l'ornementation du temps, pour voir qu'en somme ils n'étaient pas trop dépaysés. Déjà en 1763 Grimm écrivait :« Depuis quelques années, on ;i recherché les ornements cl les formes antiques; le goût va gagné considérablement, et la mode en es! devenue si aénérale que loul se l'ail aujourd'hui à h» grecque. La décoration intérieure et extérieure des bâtiments, les meubles, les étoffes, les bijoux de toute espèce, tout csl à Paris à la grecque; nos petits-maîtres se croiraient déshonorés de porter une boîte qui ne lui pas à la grecque -. »

Il ne faudrait pas prendre sans doute ces déclarations au pied de la lettre. Je m'imagine que ces boîtes à la grecque devaient letre juste autant qu'une tragédie de Guimond de la Touche: mais toujours est-il que (tans les arts somptuaires d'abord, puis dans l'areliitecture, la sculpture, la peinture elle-même, on assiste à une curieuse évolution dans le sens de la simplicité relevée par de très heureux emprunts à l'antique. Le

stume lui-même devient plus simple et plus raison-

able. Mais ce sont les arts somptuaires à qui cette mode nouvelle a le mieux réussi. Cela tient sans doute

ce qu'ils sont plus que les autres indépendants des raditions d'école et en même temps plus soumis aux aprices de la mode.

11 ne tant pas y chercher d'imitation méthodique et

1. Cf. Dialogue copie d'après nature, ou de l'ami lie de deur jo ies femmes, par Mme d'Epinay.

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