Cf. Overbeck, Pompeji, etc
le même goût : c'est dommage que la Révolution ;iil détruil la pluparl de ces délicates boiseries où se jouait la fantaisie des ornemanistes de cette fin du Win siècle. Une foule d'hôtels particuliers auraient pu nous fournir des échantillons de leur talent. Pourtant, à Versailles, à Trianon, à Fontainebleau ', on peut encore en retrouver le souvenir. On a là un art très jeune cl très frais, quelque chose tic léger et de printanier, — le vrai cadre qu'on rêve à Marie-Antoinette pour l'idylle élégante qu'elle se plaisait à jouer. On dirait une fête des fleurs : les fleurs sont partout, non plus des fleurs copiées de l'antique, niais celles de nos jardins, souvent même avec leurs couleurs naturelles - : ce sont des lys 3 en branches, des touffes ou des couronnes de roses, des bluets, des fleurs de chardon, des œillets, des anémones, des héliotropes. Au milieu de tout cela, des motifs de décoration tout modernes se mariant sans effort à des motifs antiques, comme dans les panneaux du Pavillon des Concerts où une table servie l'ait pendant à un trépied et un chapeau de polichinelle à un faisceau de licteur \ Qu'on ajoute, pour parfaire l'ensemble, tout le détail
1. A Versailles, le grand cabinet de Marie-Antoinette; à Trianon, les panneaux du grand salon, la chambre à coucher et le boudoir de la Reine: à Fontainebleau, le boudoir de Marie-Antoinette.
2. Cf. R. Pfnor, Architecture, décoration et ameublement, Époque Louis XVI, Paris, Morel, 1865, p. 36. Voir aussi la description des panneaux du salon de la Guimard dans E. de Concourt, La Guimard. p. 54.
3. Les lys en branches apparaissent déjà dans les panneaux de la porte de la chapelle de Versailles, mais l'emploi n'en devient réellement constant que dans le style de Louis XVI. Voir par exemple, comme un des plus jolis échantillons de cette mode, le fleuron de dédicace à la reine Marie-Antoinette composé par Fragonard, dans le Voyage pittoresque des royaume* de Naples et de Sicile de l'abbé de Saint-Non.