lbid., p
6. Cf. ibid., p. 145, pour la réponse insultante de David à l'Académie de peinture, qui lui demandait de venir reprendre ses fonctions de professeur.
ÉCOLE DE DAVID ET IMITATION DE l' ANTIQUE. 303
de la démence et de la frénésie '. Avec cela — et quoi qu'on en ait pu dire. — foncièrement honnête et bon, mais d'une honnêteté et d'une bonté un peu grosses, absolues et sans nuances, qui se fient aux élans instinctifs cl irraisonnés tics sympathies -. Comment se fait-il qu'avec un tempérament comme celui-là David ait été l'homme le plus déséquilibré, le plus accessible aux suggestions de toute espèce? Élève de l'École des Beaux-Arts il veut se laisser mourir de faim parce qu'il est mécontent de son tableau de concours 3. A Rome, les inégalités de son humeur rendent sa société impossible pour ses camarades et il faut lui donner une chambre à part. Il tombe dans des découragements tels que sa tète se dérange et (pie Vien, son directeur et son protecteur, songe à le renvoyer en France 4. C'est ce déséquilibre qui explique les variations de sa conduite politique, comme l'incohérence de ses tentatives en art. Il s'éprendra tout aussi passionnément de Pie VII et de Bonaparte que de Robespierre, et il sera aussi résolument réaliste et moderne à de certains moments qu'idéaliste et antiquisant à outrance à de certains autres. Delà viennent ses inspirations les plus heureuses. Dès qu'une idée s'est emparée de lui. il ne voit plus qu'elle, il est incapable de la conduire. Elle l'halluciné et elle le tourmente, et si cette idée est vraiment belle ou même intéressante, il y a des chances pour que David produise un chef-d'œuvre. Le lyrisme
1. Voirie discours où il propose de mutiler les statues des rois de la façade de Notre-Dame pour en former un piédestal à la statue du peuple français. Delécluze, op. cit., p. 156.