CHAPITRE VIII
I. La parade gréco-romaine. — Travestissement à l'antique sous le Directoire et l'Empire. — Les embellissements de Paris.
— L'archéologie, l'organisation du Musée des antiques. Visconti. — Faiblesse de la philologie. — Relèvement des humanités dans l'Université impériale. — La critique conservatrice : Boissonade, Geoffroy, Dussault, de Féletz, HoiTman.
— M.-J. Ghénier et Népomueène Lemercier. — Le Cours anal//tit]ue de littérature. — Décrépitude et intransigeance.
II. La littérature antiquisante sous l'Empire. — ■ Le Misonéisme, Fontanes le lettré de décadence. — C'est Delille qui donne le ton. — La poésie didactique. — Les traductions en vers.
— La littérature « manufacture de versions latines ». — Parceval-Grand'Maison, Luce de Lancival. — La Grèce sauvée de Fontanes. — UAgamemnon île Lemercier. VHeclorde Luce de Lancival. — L'opéra, les cantates officielles. — La poésie légère : Dorat-Gubières et Parny « le Tihulle français ». — Les poésies antiquisantes de Millevoye. — Le classicisme à sa dernière période.
III. Les Martyrs de Chateaubriand el le « style empire », c'est la dernière et plus brillante manifestation du classicisme épuisé. — Chateaubriand n'est qu'un amateur en littérature.
— Ses débuts classiques. — Ses admirations litttéraires, insuffisance de sa critique. — Profession de fui toute classique <\c la préface des Martyrs. — Faiblesse de sa mythologie el de son merveilleux. - Chateaubriand classique de décadence comme André Chénier, pêle-mêle des imitations
' et des rapprochements, confusion des époques, érudition mal digérée. — Intrusions du goût moderne. — Le lyrique
reparaît à travers le fatras du poème épique manqué. Analogie avec M° de Staël et Talma. — David, Talma el Chateaubriand, i rinité de l'art impérial.
IV. Bariolage de la littérature de l'Empire. — Le goût el les livres romantiques. — La chevalerie, le gothique el l'archéologie du moyen âge. — La couleur locale au théâtre. —Tous les éléments <lu romantisme existent déjà sousl'Empire. — Le romantisme ne sera pas autre chose que l'avènement d'une forme nouvelle.
A première vue, on pourrait croire à toute une résurrection de l'ancien monde gréco-romain. La Révolution apparaîl d'abord connue une revanche de la conquête germaine : suivant un mot connu, on dirait que la France n'aspire qu'à se « défranciser » et à se » débaptiser ».
Ce sont les Phocéens de Marseille qui apportent ;'i la Révolution son hymne, et c'est cette même terre de Provence, où les souvenirs de Rome vivent toujours, qui lui donne son grand orateur. Les noms des institutions '•! des magistratures antiques reparaissent, nu s";i|>|>elle maintenant Brutus ou Casca. Costume et mobilier, tout devient maintenant à la grecque el à la romaine '. L'athlétisme renaît. Sous le Directoire, on voit des jeunes Liens s'exercer ;i traverser la Seine à la nage, connue le> jeunes Romains traversaient le Tibre, après les exercices du Champ de Mars -. Paris a luimême son Champ de Mars, <>ù l'on couronne les vainqueurs île là course à pied ou de la course équestre 3.
1. Cf. E. el .1. de Goncourt, Histoire de lu Société française ■pendant la Révolution, Histoire de lu Société française pendant le Directoire, passim.
2. !■]. Delécluze, Louis David, son <:r,il<- <-/ son temps, p. i29.