‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 185 sur 248 · E. ci ,l. di' Goncourt, Le Directoire, p · texte numérisé non relu

E. ci ,l. di' Goncourt, Le Directoire, p

Il a aussi ses triomphes, comme la Rome républicaine ou la Rome impériale : le jour de la fête du 9 thermidor an VI, on vil défiler sur des chars toutes les dépouilles artistiques prises à l'Italie pendanl la deruière campage : la Transfiguration de Raphaël, le Christ du Titien, l'Apollon du Belvédère, les Neuf Muses, VAntinoùs, le Laocoon, le Gladiateur et combien d'autres œuvres fameuses '.

Bientôl avec Bonaparte ce mirage antique va se rapprocher encore de la réalité. C'esl césar qui revienl d'Italie pour gouverner la Gaule. Italien d'origine, il est le trait d'union entre les deux' pays. Il renoue les traditions, il fonde là-bas dés républiques sœurs de la nôtre. A Mantoue, il fait élever un monument à Virgile. Puis plus tard. lorsque l'Italie et la France ne seront plus qu'un même empire, son rêve sera de fondre Rome dans Paris, ou même, selon le mot de Hugo, d'accoupler en lui les deux Rome, la Rome catholique et la Rome païenne. Le jour du couronnement, il apparaîtra comme l'antique lmperator à la foi- Pontife et Roi, éclipsant la papauté écrasée, la tète ceinte du laurier impérialet élevant entre ses mains la couronne avec le geste qui consacre.

L'illusion descend dans la rue. L'arc de Titus se répète dans Tare de triomphe du Carrousel, la colonne Trajane dans la colonne Vendôme. Le Temple de la Gloire, qui deviendra plus tard la Madeleine, fait songer au Parthénon et au temple de Paestum. On commence la rue des Colonnes, toujours dans le style île Paestum: on construit des quais et des égoûts. Et les poètes officiels de chanter :

Dressez les portes triomphales.

Taillez les marbres dé i'aros,

i. E. Delécluze,o/). cit., p. 20o et suiv.

Artistes! que vus mains rivales

Y gravent les traits d'un héros.

L'airain conquis fond et bouillonne,

Déjà s'érige la colonne

Qui redit nos travaux guerriers;

Cédez, obélisques de Rome,

El qu'à l'aspect d'un plus grand homme

Trajan abaisse ses lauriers 1.

C'est aussi le temps où David expose ses Sabines, (1799 .Gérard sa Psyché 1 1797), Guérin son Marius Sextus (1799), Gros sa Sipho à Leucade (1802), Prudhon son Andromaque el son Aurore et Céphale (1810), Canova, le vrai disciple de Raphaël Mengs en sculpture, vient à deux reprises à Paris2. On peul admirer chez Mural une réplique de son fameux groupe de l'Amour et-Pysché 3. Il exécute un buste de Marie- Louise 4 et travaille aune statue colossale de Napoléon s qu'il voulut représenter absolument nu. comme un héros antique.

En même temps, l'enrichissement de notre Musée du Louvre après la campagne d'Italie ranime l'ardeur des archéologues. On publie la traduction du Laocoon de Lessing 6 et dans l'entourage de David les jeunes peintres ne feuillettent plus que les Antiquités d'Athènes de Stuart et Revett '. Ils s'éprennent de plus en plus des peintures des vases dits étrusques dont ils trouvent des reproductions dans l'ouvrage de d'Hancarville 8. En 1799, l'Institut met au concours la question de la

1. Fontanes : Ode sur les embellissements de Paris, I, p. 112.

2. Cf. Quatremère de Quincy, Canova et ses ouvrages, p. 117 cl 189.

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