‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 195 sur 248 · Chant VIII · texte numérisé non relu

Chant VIII

2. Voir la description dos mystères d'Eleusis, même chant. :i. En particulier VHymne de mort chanté par Mégistias.

i. L'épisode d'Héro et de Léandre est visiblement inspiré île celui «le Lancelot et de Françoise de Rimini, sans parler de la description du supplice des sophistes. Il est probable que Fontanes avait lu la traduction de ['Enfer, de Rivarcl.

classiques. Celui-ci. dans les Martyrs, avait marié les deux antiquités; Fontanes, dans sa Grèce sauvée, rapproche Eschyle et Homère, Hercule et Léonidas, Phidias et Agénor, les Gaulois ' et les Spartiates. On se souvient que c'était déjà le procédé de Virgile; mais chez Virgile, il semble naturel, tandis que chez Fontanes et chez Chateaubriand lui-même, il est extrêmement artificiel. Il n'y a qu'une nuance qui sépare le pseudo-classique de son modèle, et cette nuance suffit; ils ne sont ni du môme temps ni de la même famille.

Ce qu'il y a peut-être de plus curieux dans tous ces poèmes, c'est la bigarrure due à des emprunts multiples. 11 est difficile à première vue d'indiquer dans Racine les sources, et d'ailleurs les emprunts sont choisis de manière à se fondre sans trop de peine en une même couleur. Chez ces pseudo-classiques, les emprunts sont criards et disparates : c'est Virgile accouplé à Milton, Homère à Dante ou à Chateaubriand. Rien ne révèle mieux l'impuissance, et .en même temps ce faux goût classique qu'attaquait Hugo, ce goût qui ne s'attache qu'à la forme et qui ne seul pas la disconvenance du fond, dont le triomphe enfin a été la périphrase à la Delille.

Peut-être faudrait-il rattachera ces poèmes épiques ces poèmes assez étranges de Lemercier, qui s'inlitulenl Moïse, Homère, Alexandre, VAtlantiade et même la Panhypocrisiade*; mais l'originalité y est beaucoup plus grande, si le moule reste classique, et l'on y sent moins, surtout dans la l'orme, la velléité de s'inspirer de l'antique.

1. Épisode 'I'- l'arrivée des Phocéens -nu- la conduite de Protès.

i. Voir, à ce sujet. Essai sur lu vie et les œuvres de Népomuc'ene Lemercier, par G. Vauthier (thèse).

Nous allons d'ailleurs retrouver Lemercier dans la tragédie. Au théâtre les approches du romantisme se l'uni singulièremenl sentir el les sujets lires de l'histoire nationale ou de l'histoire du moyen âge deviennent de plus en plus nombreux. Cependant la vieille forme traditionnelle se maintient, — tragédies romanesques ou tragédies officielles déguisées à l'antique, tragédies tirées de l'histoire romaine ou de l'histoire grecque, avec les allusions politiques obligatoires. A la première catégorie appartient le Cyrus, deJ.-M. Chénier (1805), composé pour le couronnement de l'Empereur1, VArtaxerce de Delrieu (1808), le Ninus II de Bril'aut (1814); à la seconde, le Caius Unir,/, us du même Chénier (1793), YEpieharis et Néron (1794), le Quintus Fabius ou la discipline romaine (1796), VÉtéocle (1800) de Legouvé. Mais parmi toutes ces tragédies, il n'y en a guère que deux qui aient cherché sérieusement la couleur antique - et qui par conséquent doivent nous intéresser : c'est VAgamemnon de Lemercier (1797) et Y Hector de Luçe de Lancival (1809).

La première eut, paraît -il, un grand succès; les journaux en firent un très chaleureux éloge et quelque temps après la représentation elle fut couronnée solennellement au Champ de Mars3. Plus tard, quand le romantisme eut triomphé, elle passa pour « la dernière des belles tragédies dans le goût antique* ».

Lemercier avait voulu, sinon traduire Eschyle, du moins donner une tragédie eschylienne s. Il yamédio-

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