Cf. Œuvres choisies de Ronsard (2" préface
4. Voir dans le recueil autrefois classique de Pierrol- Deseilligny.
o. Cf. Poésies complètes, p. 181 et suiv. G. Cf. Biographie par P. de Musset, p. 73. 7. Deux imitations d'Horace figurent encore dans ses Poésies nouvelles, p. 112 et 1 14.
l'influence des premiers milieux littéraires traversés esl encore plus durable; jusque dans les derniers vers de Lamartine, on sentira l'admirateur de Parny el le poète provincial auteur d'épîtres « badines », et d'interminables poèmes épiques. — Pareillement, dans l'Homme qui rit el dans les Travailleurs de la mer, on retrouvera l'auteur de U>tn d'Islande et le lecteur avide des romans « fantastiques » du Directoire et de l'Empire '. — Veut-on savoir quelles sont les prédilections de Lamartine jusqu'à la veille des Méditations1? — Chateaubriand sans doute el Mmede Staël, qu'il lit passionnément comme tous les jeunes gens d'alors, — Ossian, Paul et Virginie, dont il se souviendra dans Jocelyn ! et qu'il aimera toujours : sentimental, élégiaque et romanesque, avec une nuance de fadeur et de gaucherie provinciale — tel est bien son vrai fond. Mais à côté de ces admirations sincères et spontanées, il en ;i d'autres que lui impose le goût du temps; d'abord Homère qu'il ne peut pas lire dans le texte, mais qui lui donne l'envie d'apprendre le grec. Pendant ses Longues années de désœuvrement à Milly, il essaie même de s'y mettre, il songe à prendre un professeur de grec : « Je viens d'acheter un Homère : oh! quand le lirai-je? Je ne pense plus qu'au grec. Voilà mon but pendant deux ans au moins'. » Malheureusement il en fui de ce beau projet comme de beaucoup d'autres : Lamartine était trop paresseux pour l'entreprendre sérieusement. Ce désir de compléter son éducation classique ne sera jamais qu'une velléité arrêtée tout
1. On sait que M"" Hugo étail grande lectrice de romans et qu'elle partageait ses lectures avec ses fils. Cf. Biré, op. cit.
2. Il écrivait à propos de Jocelyn ■■ « J'entends dire et j'aime a croire et crois avec certitude qu'alors ce sera populaire comme Paul et Virginie en grand et en vers ». Correspondance, III. p. 389.
'A. Correspondance, I. p. 102.
372 FIN IIF CLASSICISME ET RETOUR A L AYI'IOIT..
de suite par sa nonchalance el tournanl en regrets et en lamentations : « Que n'ai-je une bibliothèque, où je puisse au moins trouver un Homère, un Cicéron, un Ovide complet, un Plaute, un Térence, un Lucrèce, que sais-je? ' » — En revanche, comme on lui a appris passablement de latin au collège, il se donne l'air d'aimer Horace, il le cite à loul propos dans ses lettres comme un humaniste de l'ancien temps. H parle souvcnl de Tibulle cl de Properce, alors 1res à la mode. Mais il esl infînimenl probable qu'il les Lisait dans des traductions2. Pour la littérature française, ses auteurs favoris, e'esl Voltaire dans Zaïre el ses contes en vers-. Berlin, Parny, Gilberl \ Gresset. 11 fait un grand éloge des poésies deClotildede Surville.il admire MmtCottin6. Son grand critique, c'esl La Harpe, qu'il juge d'abord un peu sévèrement, niais il se ravise cl il écril à son ami de Virieu : « La Harpe esl sur ma table, il m'encourage, il me retient, il me rend sage malgré moi. Plus f avance, plus je Vestime, ce LaHarpe. Comme c'est bien pensé, bien raisonne, bien écrit, sans pointes, sans affectation, sans mignardise. C'est an lion maître en littérature, comme Montaigne en philosophie6. » Il pratiquait sans doute aussi les littératures étrangères. Il lit même à l'Académie de Mâcon une dissertation sur ce sujet alors danstoutesa nouveauté1 (1811). Mais ses admirations ne