‹ La fin du classicisme et le retour à l'antique, dans la seconde moitié du 18e siècle et les premières années du 19e en FranceChapitre 241 sur 248 · Les Feuilles d'automne, à Louis B.. II · texte numérisé non relu

Les Feuilles d'automne, à Louis B.. II

de l'art religieux. Encore en 1840, Rio, dans son curieux livre de VAri chrétien, semblait, lui aussi, autoriser la confusion. Mais qu'importe? Rien de tout cela a'était classique el c'était tout ce que l'on demandait : « Pour nous, dit Théophile Gautier, le monde se divisait en flamboyants et en grisâtres, les uns, objets de notre amour, les autres, de notre aversion. Nous voulions la vie, la lumière, le mouvement, l'audace de la pensée et de l'exécution, le retour aux belles époques de laRenaissance et de la vraie antiquité '. » Gautier parle surtout ici des peintres, mais il y avait des peintres dans le Cénacle et c'était entre eux et les poètes un échange perpétuel d'aperçus et d'idées : Eugène Delacroix, Louis Boulanger. Achille et Eugène Devéria ne pouvaient qu'encourager chez leurs amis le culte du xvi' siècle. La trinité des coloristes, c'était Rubens, le Titien, Paul Véronèse. Eugène Devéria, dans sa Naissance de Henri IV, rappelait à la t'ois la galerie de Médicis et les Nqçes de Cana. On se reprenait de goût pour les ajustements fastueux, comme des Vénitiens du xvi* siècle. On aimait les satins, les damas, les joyaux et « on se serait volontiers promené en robe de brocart d'or comme un magnifique du Titien ou de Bonifazio -' ». On essayait au moins de donner un peu île pittoresque à l'affreux costume moderne. Jehan du Seigneur portait un pourpoint de velours noir «emboîtant exactement la poitrine et se laçant par derrière 3 ». Eugène Devéria se drapait dans une cape à l'espagnole et portait le feutre à la Rubens; et tout le monde connaît le « gilet rouge » de Théophile Gautier et la robe de dominicain de Balzac. On aurait voulu ramener dans les imenrs le faste princier de la vie el l'éblouissement

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