Corresp. litt., loc. cit
:',. A. Maury, L'ancienne Acculante des Inscriptions, p. 132.
ses plantations. En même temps on apprenait ce que valait le médimne d'orge au iv siècle avant Jésus- Christ ' ; on était renseigné sur le rendement des terres en Attique, sur le commerce des Athéniens, sur les impôts et les finances *. El même les allusions aux choses modernes ne manquaient pas, comme pour stimuler l'attention : le catalogue des livres de cuisine grecs s'adressait aux commensaux de Grimod de la Reynière, de même que les entretiens sur la musique étaient comme un écho des querelles entre gluckistes et piccinistes. Aussi on comprend l'engouement du public dès l'apparition de l'ouvrage. Aujourd'hui encore la lecture en est très attachante, et même les grâces un peu vieillotes de certains morceaux à effel sont presque un attrait déplus. L'abbé entrait à l'Académie française, comme couronnement de son succès, et le chevalier de Boufflers, qui le recevait, le couvrait de fleurs 3. C'était un concert d'éloges dans toute la presse. Fontanesle complimentait en vers et Mmt' Yigée improvisait un souper grec en s'aidant de ses descriptions : aussi bien le mouvement antiquisant était alors à son apogée; l'imitation de l'antique, encouragée par l'école de David, va bientôt s'étendre de la constitution à la toilette des femmes et jusqu'aux derniers détails de l'ameublement.
On voit donc que l'érudition au xvme siècle ne s'est pas autant isolée du monde qu'on pourrait le croire
1. Cf. Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, Paris, Leroux (1830), fi vol., III. p. 396